- Je me présente! Friedrich Olsen, pour vous servir!
- Olivia Davantis, enchantée!
- Célestina Lagarde, ravie de vous rencontrer tous.
- Je m’appelle Elizia Von Waldorf. Tout le plaisir est pour moi.
Les occupants du compartiment se saluèrent chacun d’un élégant signe de tête. Ils engagèrent une discussion polie, puis se découvrant peu à peu des passions et des centres d’intérêt communs, l‘échange devint plus animé.
Elizia participa très peu à l’effusion qui optimisait l’habitacle, son esprit entièrement accaparé par le visage de son amant. Depuis sa montée dans le train et le départ de la gare, il ressassait sans arrêt l’image de son ange blond cambré sous la violence su plaisir qu’il lui avait procuré il y avait à peine quelques heures.
Tout cela lui semblait si loin! La tristesse, qui lui pesait sur le cœur et qu’il s’efforçait de dissimuler, le faisait tant souffrir qu’elle lui donnait l’impression d’être présente depuis des années et non quelques heures!
Laissant son regard errer sur la vitre où le paysage défilait à toute vitesse, son esprit divagua, s’enfuyant loin de la réalité qui le blessait si cruellement.
- M. Von Waldorf, réveillez-vous le train s’est arrêté!
Célestina Lagarde, jolie brune au visage poupin, le secouait doucement l‘air inquiet. Il sursauta. Ainsi il s’était assoupi? Battant plusieurs fois des paupières, il tenta d’accommoder sa vision face à la lumière d’une lampe à pétrole qui lui blessait les yeux. Un peu abruti, il regarda par la fenêtre, et vit qu’il faisait nuit noire. Seule la lune, énorme boule de lumière blanche perdue dans un écran noir, permettait d’y voir comme en plein jour. Surprenant son reflet débraillé, il constata qu’il s’était un peu avachi sur son siège et se redressa, arrangeant sa tenue au passage.
- Pardonnez-moi ce réveil quelque peu cavalier mon cher, mais le train semble s’être arrêté. Nous n’allons pas tarder à descendre je pense.
- Oh Celly, je suis si excitée! Etre admis à l’Académie Mondrose est un tel honneur!
- Voyons ma chère Ollie, ne faites donc pas tant d’effusions!
Celly? Ollie? Elizia observa tour à tour les deux femmes. Elles semblaient s’être liées d’amitié pendant le voyage, et plongé dans son sommeil, il n’avait rien vu venir. Célestina se comportait en grande sœur envers Olivia, la couvant d’un regard maternel et protecteur. La petite ne devait pas être âgée de plus de quatorze-ans et la grande de dix-sept. L’une aussi brune, grande et racée, que l’autre était blonde, pâle et d’apparence fragile, elles étaient leurs exacts opposés respectifs.
Friedrich en revanche, possédait une masse de cheveux et des sourcils d’un roux flamboyant. Ses yeux d’un étrange vert clair brillaient d’une lueur malicieuse et sa carrure en aurait impressionné plus d’un.
Elizia se souvenait que sa voix rauque était teintée d’un fort accent nordique, peut-être était-il écossais?
Toujours dans les nuages, il écoutait d’une oreille distraite le pépiement joyeux que formaient les voix féminines lorsqu’un grésillement se fit entendre dans les haut-parleurs du train. Après quelques ajustements, une voix au timbre incroyablement sensuel et velouté déclara :
- Chers élèves, soyez les bienvenus à l’Académie Mondrose, j’espère que le voyage vous a été plaisant. Votre arrivée annonce le début des trois années que nous allons passer ensemble. Vous avez été choisis pour votre potentiel exceptionnel afin de devenir l’élite du pays. Chacun d’entre vous possède un don qu’il doit découvrir puis apprendre à exploiter au mieux, afin d’en tirer tous les avantages possibles qui seront utiles à notre gouvernement. Cette responsabilité m’a été attribuée parce que je dispose, pour cela, de moyens illimités et difficilement concevables pour les esprits des citoyens lambda, dont vous faisiez partie peu avant de parvenir jusqu’ici. Aussi, je préfère vous l’annoncer dès maintenant : prenez garde à vos dires, à vos gestes ainsi qu’à vos pensées, car rien ni personne n’échappe à mon contrôle. Je suis un excentrique dont les méthodes peu orthodoxes vont certainement en laisser quelques-uns plus que perturbés, c’est pourquoi je vous laisserais méditer la question suivante : croyez-vous à la magie?
Un grésillement discret marqua fin de la communication, laissant derrière lui un silence pesant.
Dans le compartiment d’Elizia, la chaleur des corps qui venait subitement d’augmenter commençait à les mettre mal à l‘aise. Inquiets par la température et ébahis par le contenu du message qu’ils venaient d’entendre, les quatre compagnons de voyage se lancèrent des regards sceptiques.
Que signifiait cette mascarade? Que venait faire la magie dans tout cela? S’ils venaient dans cette école c’était surtout pour se perfectionner dans la discipline qu’ils décideraient d’exercer, pas pour écouter des discours abracadabrants! D’ailleurs, Elizia aurait bien aimé connaitre l’identité de l’homme qui possédait une voix si intrigante.
Au bout quelques minutes, ne pouvant plus supporter ni l’intensité de cette chaleur infernale qui dévorait son corps, ni l’étrange tension brûlante qui s’accumulait rapidement au niveau de ses reins, le jeune homme se leva d’un bond et se rendit aux toilettes.
Sur le trajet qui le menait au bout du couloir, la tension qui ne faisait alors que le gêner non loin des hanches, se mua subitement en un désir impatient d’être assouvi, cadençant sa marche de pulsations fortes au niveau de son bas-ventre, et faisant tressauter son membre qui durcit sans qu’il puisse rien y faire pour l’en empêcher. Alarmé par cette soudaine excitation venue de nulle part et sur laquelle il n’avait aucun contrôle, Elizia allongea le pas pour atteindre sa destination plus vite en priant pour que personne ne le voie dans cet état.
Lorsqu’il s’enferma enfin dans l’unique cabine, le jeune homme demeura longtemps figé là sans comprendre, un regard complètement incrédule posé sur la formidable érection qui ornait son bas-ventre, la fixant comme s’il voyait son sexe ainsi pour la première fois. Ce qui, en quelque sorte, était un peu le cas.
Cette réaction sexuelle affectait bien son corps, mais pourtant, il n’avait aucune idée de ce qui l’avait provoquée. Comme toutes les autres personnes présentes dans ce train, il suait à grosses gouttes sous la soudaine canicule qui les écrasait depuis quelques minutes, mais une érection? Son état d’esprit actuel en était à tellement d‘années-lumière!
Ce qui lui arrivait était franchement étrange. D’autant plus qu’il ne voyait pas ce qui, chez lui, aurait bien pu déclencher pareil phénomène. Tout s‘était pourtant très bien passé durant il voyage, il n‘avait eu aucun problème particulier. Puis il avait entendu l’annonce troublante de cet homme inconnu et depuis…
L’annonce. La voix.
Se pouvait-il que…?
Rien n’avait de sens, mais un début d’idée commença tout de même à se former lentement dans son esprit. S’il n’imaginait rien, il lui semblait possible que tout ait pu commencer au moment où cette voix étrange avait retentit aux haut-parleurs, car rien d’inhabituel avant cela n’avait affecté son corps. Ce n’était qu’après qu’elle a débuté son message singulier que les choses avaient commencé à changer jusqu‘à en devenir insupportables. Durant tout le monologue de l‘inconnu, la température du train n’avait cessé de gravir les échelons du thermomètre, transformant les wagons en sauna à chaque nouveau degré supplémentaire, et déclenchant au creux de son corps un désir irrépressible qui le dévorait de l’intérieur, suppliant qu’on l’assouvisse.
Mais comment toutes ces choses pouvaient-elles être liées?
« Croyez-vous en la magie? »
Il ignorait complètement pourquoi son esprit choisit cet instant précis pour lui remémorer cette question incongrue, mais quelque part en lui, son instinct lui souffla que c’était là que toutes les réponses se cachaient. Il aurait bien aimé pouvoir s’y intéresser davantage afin de mieux comprendre son pressentiment, mais son désir était trop pressant pour qu’il le néglige plus longtemps sans commencer à en souffrir réellement.
Glissant donc une main fébrile dans les replis de son pantalon, Elizia entrepris de soulager la pression qui affectait son corps, les dents fermement serrées pour s’empêcher d’émettre le moindre son. Il n’était pas spécialement prude, mais il préférait nettement éviter qu’on le surprenne dans cette position, surtout le premier jour de son arrivée dans l’école la plus prestigieuse du pays.
Mais lorsqu’il sortit des toilettes après avoir mis de l’ordre dans sa tenue, il se rendit compte bien vite qu’être discret et anonyme était inutile. Car en effet, derrière la porte, s’étendait une interminable file indienne de jeunes hommes en sueur qui, les joues rouges de honte et les mains devant leur entrejambe - dans une honorable tentative de cacher au mieux leurs érections qui tendaient les toiles des pantalons -n’attendaient qu’une chose : pouvoir eux aussi mettre fin aux tourments qui affectaient leur entrejambe tendu et douloureux.
Retenant une grimace, alors qu’il laissait la place à l’un de ses confrères très empressé, Elizia s’appliqua à ne croiser aucun regard torturé lorsqu‘il longea la file pour accéder au couloir et ainsi retourner à son compartiment. Au fur et à mesure qu’il avançait, ses yeux distraits regardaient sans voir les peintures et les dorures qui ornaient les murs du long passage. Mais au bout d’un moment, un son étrange attira son attention, et lorsqu’il fit volte-face pour savoir d’où il provenait, un grognement de surprise lui échappa.
A travers la fenêtre - dont le rideau n’avait pas été tiré - de la porte donnant sur l’intérieur du compartiment, le jeune baron voyait s’y dérouler une scène à laquelle il n’avait jamais assisté, et qui, si elle ne provoquait aucune émotion sensuelle en lui, eut le mérite de l’étonner jusqu’à la fascination.
Allongées sur les banquettes couvertes de velours, trois jeunes demoiselles haletantes et tordues dans des positions audacieuses, se caressaient vigoureusement la poitrine et l’entrejambe à l‘aide de plusieurs de leurs doigts préalablement humidifiés de salive. Aucune d’entre elles ne semblait avoir plus de seize ans, et leur jeunesse, ajoutée au désir brûlant qui les animait, attisait leur ardeur déjà très stimulée. Hypnotisé par le ballet incessant de leurs mains sur leurs peaux tendes, Elizia mit de longues minutes avant de se détacher enfin de la scène orgiaque. Poursuivant alors son ascension d‘un pas songeur, il finit bientôt par se rendre compte qu’il n’y avait que des jeunes femmes dans les compartiments, les hommes ayant visiblement préféré faire preuve de galanterie - sans se douter qu’ils se condamnaient eux-mêmes un enfer très particulier : l’attente devant les toilettes lors d‘un besoin pressant.
Constatant à travers chaque fenêtre non couverte que l’état de ces jeunes femmes était similaire à celui des occupantes du premier compartiment qu‘il avait vu - les joues rougies par le désir et le plaisir, les yeux brillant d’un intense feu intérieur, les bouches et les cuisses entre-ouvertes qui laissaient entrer puis sortir des doigts fébriles et impatients -, Elizia en déduisit que les demoiselles semblaient, elles aussi - dans l’hypothèse incroyablement improbable que cette théorie se révèle vraie -, avoir subi l’influence de cette voix masculine aux intonations lascives.
S’appuyant contre un mur pour contempler à la fois, la file masculine, et les compartiments emplis de populace féminine, le baron secoua la tête, atterré par tant d’improbabilités.
Dans quel traquenard l‘avait-on fourré?
Une question dont il n’eut malheureusement pas le temps de pousser plus loin le raisonnement, car au loin, un sifflet venait de pousser son cri strident, annonçant ainsi la descente immédiate des voyageurs hors du train.
***
- Est-ce vraiment une école?
Friedrich demandait tout haut ce que tout le monde pensait tout bas.
- Je n’ai jamais rien vu de semblable. C’est incroyable!
En descendant du train, un domestique en livrée noire et argentée pris soin de guider le flot d’étudiants qui se pressait sur le quai de la gare. L’éclat de la lune les nimbait de son halo argenté, donnant à Elizia l’impression d’être observé par les cratères grisâtres de l’astre.
D’un pas hésitant, la petite centaine de jeunes gens remonta lentement l’immense allée couverte de graviers blancs et piquetée de parterres de roses d’un rouge éclatant, qui menait jusqu’à l’immense bâtisse de l’Académie Mondrose. Puis s’immobilisant devant cette merveille d‘architecture, la foule exprima une admiration stupéfaite.
Situé entre le bord d’une falaise à flancs rocheux où la mer se déchaînait, et des haies épineuses qui délimitaient une étendue de terre noire et desséchée, l’édifice, qui abritait l’école en son sein, déjà immense vu de loin, n‘en parut que plus gigantesque observé de près. Fait de pierres taillées en forme de roses, les murs d’enceinte brillaient d’un éclat irréel sous la lumière de la lune, de nombreuses tourelles percées de gigantesques fenêtres illuminées se dressaient devant eux, et des jardins luxuriants, parés de fontaines d’eau pure et de multiples roseraies, faisant un paradis de ce lieu enchanteur où tout transpirait l’harmonie et la quiétude.
Venant brusquement du Nord, loin au-delà de l’horizon, un vent lourd de parfum iodé afflua aux narines d’Elizia, apaisant immédiatement sa nervosité. Maintenant qu’il s’y trouvait, il comprenait mieux pourquoi ce lieu était légendaire : quel être sensé pouvait, de son plein gré, désirer quitter tant de bien-être et de beauté gracieuse?
Pressée par le domestique, la procession poursuivit sa progression jusqu’aux grands escaliers de marbre blanc, qui menaient à des portes en bronze sculpté et mesurant plus de deux mètres de haut. Gravissant lentement les marches jusqu’au palier, les étudiants chuchotèrent entre eux. Ils avaient tous et toutes tant entendu d’histoires incroyables sur cet endroit! Beaucoup, étaient impatients de découvrir enfin si les racontars étaient vrais, tandis que d’autres, moins nombreux, craignaient surtout que toute cette mise en scène ne soit qu’une immense mascarade pleine d’esbroufe, destinée à les impressionner pour mieux les décevoir ensuite. Mais lorsque tous parvinrent en haut des marches, un bruit sourd perturba le silence tranquille des lieux, et les lourds panneaux s’ouvrirent d’eux-mêmes pour les laisser entrer, frappant ainsi les sceptiques de stupeur, et ravissant les convertis de longue date.
Les yeux grands ouverts, la petite foule pénétra donc dans le vaste hall d’entrée, son admiration s’accroissant tandis que l’immensité des lieux lui apparaissait.
De forme circulaire et dotée de huit portes - finement serties de minuscules diamants noirs et aux poignées dorées - disposées selon les directions cardinales, la pièce avait un plafond si haut et si large au-dessus de leurs têtes, qu’ils durent se tordre le cou afin de pouvoir distinguer les peintures qui l’ornaient. Représentée en couleurs vives par une main de maître, une multitude de chérubins, au Paradis, se livrait aux péchés de luxure et de gourmandise dans des orgies plus diverses les unes que les autres. S’abreuvant à d’immenses cruches de bronze et d’or fin d’où un vin rouge et épais coulait à flot dans des coupes d’argent, festoyant à grands renforts de nourriture riche et grasse débordant de plat posés sur de gros nuages cotonneux, les angelots arboraient des sourires vicieux et des expressions lascives qui démentaient toute nature divine, exhibant des sexes fièrement érigés qui ôtaient tout angélisme de leurs visages potelés, et révélaient tout de leur perversité démoniaque.
Troublé par une telle vision Elizia frissonna, et préféra concentrer son attention ailleurs afin de dissiper son malaise. Fixant son regard sur les murs boisés, le jeune baron remarqua cette fois que les illustrations, bien que toujours très explicites, y étaient moins agressives. Etendues sur des kilomètres, elles prônaient elles aussi, le total abandon aux plaisirs charnels, par des tentures montrant de jeunes et jolies vierges qui accueillaient de fougueux jeunes hommes entre leurs cuisses offertes et se cambraient de volupté sous les caresses intimes qu’ils leurs procuraient, et par de nombreux tableaux exposant les ébats passionnés de deux hommes dans le jardin d‘Eden.
Derrière d’immenses colonnes de marbre noir, une multiplicité d’escaliers d’un bois sombre et précieux en colimaçon donnait accès aux étages supérieurs, s’élevant si haut vers la voûte du château et se fondant si bien dans l’inquiétante obscurité du plafond, que même en plissant les yeux, Elizia fut incapable de déterminer leur nombre exact.
Un millier de lampes à pétrole s’alluma subitement comme par magie, illuminant la pièce d’une lumière éclatante qui fit luire les multiples dorures présentes du sol au plafond, et ravivait les rouges, les dorés et les orangés des tapis qui ornaient le somptueux carrelage en marbre.
Tous étaient plongés dans l’émerveillement le plus complet, lorsque la voix du train retentit et les fit violemment sursauter. De nouveau, Elizia senti l’excitation s’emparer de son corps, et la chaleur le parcourir tout entier.
- Bonsoir à vous chers étudiants.
Les paupières plissées de méfiance, Elizia chercha le domestique des yeux, mais apparemment celui-ci semblait avoir disparu. Il eut beau fouiller le secteur du regard mais il ne trouva aucune trace de lui. Par où était-il parti? Avait-il utilisé l’une des huit portes?
- Vous voici donc dans ma demeure. Prenez tout votre temps pour admirer ce hall, car je vous promets que dans les jours qui suivront, vous n‘aurez plus le temps de le voir. Vos cours vous tiendront bien trop occupés pour rêvasser ou bâiller aux corneilles. Chacun aura naturellement sa propre chambre, celles de ces messieurs et de ces demoiselles se situant respectivement dans les ailes est et ouest du château. Votre statut privilégié vous donne évidemment de nombreux avantages, mais en revanche, ne vous méprenez pas : étudier ici n’est pas un simple honneur, et encore moins une faveur acquise de droit par une descendance noble d’aristocrates renommés et respectés. Si vous êtes venus en croyant cela, vous êtes dans l‘erreur.
Un rire suave et puissant envahit alors les moindres recoins de la pièce et modifia l’atmosphère de façon significative. Comme subitement enrobés d’une chape de désir brûlant, Elizia et ses camarades étaient pliés en deux, souffrant à nouveau de ce qui les avait affectés dans le train. Le corps brûlant et le sexe dur, le jeune baron dût serrer les dents pour s’empêcher de jouir. A bout de souffle, il pensa à masser discrètement ses bourses alourdies à travers son pantalon, afin de les rendre moins douloureuses. Mais dès que ses doigts les frôlèrent, il laissa échapper une plainte : il ne s’était pas attendu à ce qu’elles soient aussi sensibles.
- Mmmh, oui… Douloureux n’est-ce pas? M. Von Waldorf, je vous ai entendu vous plaindre. Oui, je sais qui vous êtes, ne vous étonnez pas ainsi. Je connais l’identité et le passé de chaque étudiant qui passe le pas de ma porte jeune homme. Je me répète : ici rien ne m’échappe.
Il y eu une pause cruelle qui leur donna à tous des sueurs froides.
- Ici, les règles sont simples : on endure en silence, question de discipline.
Frustré et offusqué, Elizia se mordit l‘intérieur des joues pour ne pas hurler. Tout cela n’avait aucun sens!
- Monsieur, ou qui que vous soyez! Quelque chose nous torture!
Des murmures désespérés et souffrants s’élevèrent autour de lui telle une clameur, appuyant ainsi ses dires.
- Si vous êtes si omniscient, je vous en prie, faites que cela cesse! Nous n’en pouvons plus!
- Votre impolitesse Elizia, commence à m’agacer. Ce dont vous souffrez ne prendra fin que lorsque je l’aurais décidé, je n’ai pas d’ordres à recevoir de vous.
- Mais enfin! Comment pouvez-vous…
- Pour la dernière fois, jeune homme : je ne vous dois pas d’explication. Je disais donc….
- Non! Répondez-moi! Cessez cette torture, c’est insupportable! Je… Aucun de nous ne va pouvoir se retenir plus longtemps! Il faut absolument que…
- Von Waldorf, vous n’êtes qu’un arrogant malpoli. Ne vous a-t-on jamais inculqué les bonnes manières? ON NE COUPE PAS LA PAROLE AUX PERSONNES QUI SONT DEJA EN TRAIN DE PARLER!!
Le grondement volent qui fit trembler murs et parquets, fit sursauter tout le monde, et lorsqu’il tressaillit, Elizia faillit perdre sa concentration sur sa verge prête à exploser. S’il bougeait encore ne serait-ce que d’un centimètre…
- Vous m’avez mis de mauvaise humeur petit baron. Je vais finir de dire ce que j‘ai à dire, puis je m’occuperai de vous. Votre punition sera exemplaire.
» Sachez, jeunes gens, que vous ne devez votre présence en ces lieux qu’à deux choses : le potentiel caché au plus profond de vous-même, dont moi seul en ait une connaissance profonde, et mon intérêt quant au profit que vous en ferez. C’est pourquoi votre naissance ou votre richesse n’ont rien à voir dans la sélection que j‘ai faite. Les destinations de mes inscriptions sont toujours choisies dans le souci d’obtenir à l’avenir, les meilleurs résultats possibles, surtout lorsque ce choix implique de laisser vivre aussi longtemps sous mon toit, de nombreux adolescents à peine pubères… D’ailleurs, puisque j’aborde ce sujet, il reste un dernier détail : il vous sera impossible désormais, de sortir du domaine avant l’achèvement de vos trois années d’études.
- Mais personne ne nous l’a jamais dit!
Les mines déconfites et paniquées des étudiants faisait peine à voir. S’éparpillant soudain dans un assourdissant brouhaha de cris et d’exclamations choquée, certains tentèrent vainement d’ouvrir les lourdes portes pour s’enfuir, tandis que d’autres cherchaient fébrilement un endroit où se terrer pour discrètement mettre fin à leur excitation.
Un chaos général régnait donc dans le hall d’entrée, mais la voix y mit fin d’un ton sans appel qui fit se tordre tous les corps de désir.
- ASSEZ! Les protestations ne sont pas tolérées, et la pitié ne fait pas partie de mes qualités. A présent vous êtes prévenus, ne me faites pas répéter!
Un silence de mort s’abattit sur la salle toute entière, la tension tétanisant les corps de peur et de frustrations sensuelle.
- Bien. Maintenant M. Von Waldorf, laissez-moi vous enseigner votre première leçon : votre langue doit rester bien à l’abri dans votre bouche, tout comme vos pensées doivent le rester dans votre tête. Est-ce bien clair?
Elizia serra les poings et les dents, et résista le plus longtemps qu’il put à la traction qui s’exerçait sur ses parties. Sa volonté têtue faillit l’empêcher de craquer, mais d’un coup d’un seul, la chaleur et l’excitation augmentèrent en intensité, balayant toute résistance. Cédant alors à l’assaut de désir et de plaisir mêlés qui l‘enveloppa jusqu‘à l‘étouffer, le jeune homme tomba à genoux, et s’abandonna à la jouissance devant les yeux horrifiés des autres étudiants. Son extase fût si grande, qu’il en perdit peu à peu connaissance.
Perdu dans le brouillard qui obscurcissait son subconscient, Elie entendit une sorte de comptine chantée d‘une voix enfantine et moqueuse, retentir autour de lui comme une rengaine :
« En voilà une bien jolie punition,
Tu as mouillé ton pantalon,
Crois-tu en la magie mon petit hanneton? »
Elle réussit à attirer son attention pendant quelques secondes, puis la lumière s’évanouit, et ce fût le trou noir.