
Quel est ce sentiment qui m’étouffe et me déchire? Qu’elle est cette chose qui m’étreint, m’enrobe, m’asphyxie? J’aimerais tant pouvoir crier, hurler ma rage, ma tristesse, ma honte à la face du monde! Vous laisser tomber tous, serait si bon, si libérateur! Mais où est le courage pour le faire? Où serait ma dignité si je le faisais? Car vous laisser gagner est inacceptable. C’est insupportable. Ca boue et ca fume au fond de moi, ca broie, hurle et crie, ca griffe, arrache et blesse. L’envie de pleurer est si forte que je suffoque, que j’étouffe, mais rien ne sort, tout reste là où c’est, au fond de moi où ça fait le plus mal. Pourtant ça enfle et gonfle. Ca veut sortir mais ça n’y parvient pas. J’ai envie de hurler! Si fort, si fort que j’en aurais la gorge déchirée, la voix brisée et le corps libéré, vide de la douleur que vous me causez. Quoi faire? Comme faire pour que cela s’arrête? J’ai été idiot, je le suis encore. Et pourtant, je devrais y être habitué. Je suis toujours celui qui se fait avoir, je le sais, et pourtant rien ne change jamais. Je suis toujours trop gentil, la bonne poire à qui l’on peut tout dire mais qui ne peut jamais rien dire, le garçon qui se déplace et se sacrifie pour les autres mais pour qui on ne bouge pas le petit doigt, celui qui comprend tout et tout le monde mais que personne ne comprend jamais, celui qui fait toujours tout pour les autres mais pour qui l’on ne fait rien. Lassitude, honte, fatigue, tristesse, chagrin, douleur, blessure… C’est ce que je suis mais que personne ne voit. Essayez toujours de comprendre, vous n’y parviendrez pas. Parce que je suis le seul, je suis l’unique qui saura toujours tout mais que personne ne pourra jamais comprendre, parce que je suis au-dessus de vous, et que vous, vous n’êtes rien.
Allez tous vous faire foutre bande d’enculés, de toute façon je vous hais.