Résultat du sondage :

Bande de petit(e)s curieux(ses)!
(Ceci dit, merci d'avoir pris la peine de voter :-) )
Voilà, c'est moi.
Dingue le risque que je prends alors que n'importe qui, qui me connait, peut tomber sur cette photo et faire le lien entre ce blog, ce que j'écris, et moi...
M'enfin, ce n'est pas comme si j'avais un entourage homophobe et intolérant...
Toi qui me suis depuis un certain temps - ou un temps certain, comme tu préfères-, tu t'es déjà peut-être posé la question suivante : mais qui est cette fille? ou alors, d'où vient ce pseudo, Clemzy?
Celles et ceux qui me connaissent ne verront aucun lien avec mon prénom réel, et pour cause : il n'y en a pas.
" Clemzy " - en ce qui me concerne, car visiblement c'est réellement un prénom - vient du néant, de nulle part, d'une zone inconnue planquée au fin fond de mon esprit malade. Cet OVNI, je ne l'ai pas choisi, il s'est imposé tout seul alors que je me cherchais un nom d'auteur. Alors je l'ai pris, et depuis, je ne l'ai pas quitté. Il est devenu une partie de moi. Une autre facette que je chéris presque à l'excès.
Comme c'est drôle.
On n'aurait pas dit, mais contrairement aux apparences, je n'écris absolument pas ce texte pour me la raconter ou simplement parce que je suis narcissique au point de ne pas pouvoir respirer si je ne prends pas un article entier rien que pour parler de moi. Simplement, j'ai réalisé que depuis les trois années que je tiens ce blog, je me suis cachée derrière mon écriture, et mon statut de bloggueuse. Toi lecteur, tu peux tout à fait accuser la peur - cette angoisse typique de tout jeune écrivaillon qui trouve il ne sait comment la force de se lancer et de montrer ses productions au grand jour -, car c'est effectivement elle qui m'a presque empêchée, si je puis dire, de me dévoiler un tant soit peu. Mais je veux changer ça. Car j'ai récemment pris conscience que j'avais besoin que tu saches un peu qui est Clemzy, et surtout, quel rôle tu as joué, et joues d'ailleurs toujours, dans ma vie.
Tu me diras que je l'ai fait, me dévoiler un peu, dans certains de mes articles destinés au blablatage. Mais tu remarqueras que ma photo s'étale en haut de cet article, ce qui est pour un immense bond en avant.
Alors qui suis-je?
Juste une fille de vingt ans qui touche à tout (peinture, musique, chant, lecture, écriture, couture, informatique, etc...), aime beaucoup de choses (sortir, ne rien faire, s'investir dans un projet, rendre quelqu'un heureux...), est folle de création artistique, fait des études - quelque peu retardées à cause de l’administration française - en en arts plastiques, mais ne sait pas quelle voie choisir réellement pour sa vie. Je suis une jeune femme encore enfant dans l'âme, car je suis du signe poisson, et j'ai beaucoup de mal à vivre la vie. Curieuse expression non? Ca signifie que j'ai énormément de difficultés à subir les choses de l'existence, à supporter ses contraintes sans en souffrir de manière viscérale. Pour tout te dire, rien que respirer m'épuise!
De ma naissance en mars 1992 à mes huit ans, je crois avoir eu une vie assez calme et heureuse. Je dis "je crois", car les souvenirs qui me restent de cette période sont embrouillés, voire presque effacés. J'ai une mémoire sélective, alors j'imagine que ce n'est pas étonnant. Mais ce n'est pas important au final, car je n'y accorde pas de sentiment d'attache. Alors passons.
A cette époque, je vis à Belleville, dans le 19eme arrondissement de Paris, avec mes parents et ma soeur de quatre ans ma cadette, et c'est là que je lis mon premier roman Harlequin. Oui, il s'agit bien de ces romans sentimentaux dégoulinants de scènes de sexe et de romantisme gluant. Oui, mais j'y suis accro, et remercie-les d'exister, car ce sont eux qui ont façonné mon écriture. Avis à toutes les personnes qui ont une préférence très marquée pour mes fictions très sentimentales : le fond profond vient des Harlequin!
C'est en cinquième que j'écris ma première histoire inspirée des grandes amourettes tant lues et aimées, idéalisées des Harlequin. Du moins le début. Tu la connais, elle s'appelle "Une vie pour Tara". Et elle n'est pas terminée, mais cela viendra sûrement un jour.
A cette époque, j'ai douze ans. Mes parents sont en instance de divorce, ma soeur, ma mère et moi déménageons dans une banlieue calme et presque chic. Etonnement je le vis plutôt bien, contrairement à ma soeur qui éprouve des difficultés à s'adapter à notre nouvelle vie. D'ailleurs, elle et moi nous engueulions souvent a cette époque. Je suis quelqu'un de très généreux, de relativement patient et gentil, et qui à l'air d'être sage, mais d'également très prompt à réagir et j'ai un caractère extrêmement fort. Et si je fais généralement beaucoup d'effort pour le cacher, je résiste mal à la provocation et au manque de respect. Ce qui fait que je peux faire très peur tant je suis violente. Ma frangine en a fait les frais une seule et unique fois. Laisse-moi te dire que ça lui a passé l'envie de recommencer pour le reste de son existence.
Vers mes quinze ans, le passage des classes jusqu'en troisième se fait sans encombre malgré quelques énormes déboires familiaux. Puis la découverte du monde du manga marque un premier tournant dans ma vie. Je me découvre alors une nouvelle passion, et j'y plonge avec masque et bouteille d'oxygène. Je ne devais jamais remonter à la surface.
Puis alors que s'amorce la transition entre le collège et le lycée, un nouveau tournant chamboule ma vision des choses. Je découvre le Yaoi. Le concept d'abord, puis le monde aussi bien virtuel que tangible (LGBT) qui se dissimule derrière.
Dès lors, ma sexualité jusqu'alors cultivée par mes lectures érotiques et sensuelles, mais bridée par les complexes, les convictions religieuses - oui, oui, je viens d'une famille chrétienne et je vis très bien ma foi. Ca peut paraitre contradictoire, mais le fait que j'écrive des romances homo-érotiques ne me perturbe absolument pas -, et la honte d'une adolescente qui n'avouerait jamais lire des romans sentimentaux à caractère presque pornographique, trouve un point d'ancrage dans ce genre particulier qu'est le Boy's Love. Tout d'un coup, je perçois comme une autorisation de liberté. Tout m'est permis, tout est possible. Je ne risque pas d'être jugée pour des fantasmes qui sont les miens et que je projette. Et enfin, enfin, l'homme montre ses sentiments! Il n'est plus fier ou impassible, mais il pleure et supplie comme une femme amoureuse. Il permet enfin une proximité, voire un fondu, entre ma sensibilité féminine et sa puissance masculine. Il n'est plus celui sur qui l'héroïne amoureuse doit soupirer ou se reposer en cas de danger! Enfin, l'homme prend une autre dimension et peut devenir la demoiselle en détresse! Et je deviens encore plus accro car j'imagine qu'à cette période de ma vie, à cause de tout ce que j'avais déjà vécu, il y avait ce désir - qui est aujourd'hui très présent et que j'assume parfaitement - d'asservir l'homme - celui qui est plus fort que moi et m'a fait souffrir, qui nous fait souffrir nous les femmes - ainsi que celui d'être un homme et de dominer. C'est une conception étrange qui va peut-être me faire paraitre folle à tes yeux, mais Poppy Z.Brite (grande auteur de romans d'horreur mêlée de romances gay dont je suis folle) l'a magistralement bien expliqué : il y a des moments où on a l'impression qu'à l'intérieur, c'est un homme et non une femme qui existe. Et parfois, je l'avoue, encore plus aujourd'hui qu'auparavant, j'ai cette pulsion, cette envie d'être un homme rien que pour prendre sa place, pour pénétrer. Et l'univers du Yaoi m'a offert un moyen de le faire par procuration.
Qui sait? Peut-être ai-je été un homme dans une autre vie?
De la lecture de scans de mangas, je glisse petit à petit vers l'univers de la fiction originale et de la fanfiction. La transition se fait naturellement, si bien que je ne saurais la situer dans le temps. Puis avec la lecture, se renforce mon désir d'écriture. J'ai alors dix-huit ans.
Au fur et à mesure, de jeunes auteurs comme Rhode, Utopia, Claire, Nafurie, Elle Sid, Yue, Sensitive Yaoi, et bien d'autres, font monter, puis exploser ce désir qui rapidement devient un besoin. Des idées fourmillent dans ma tête et crient pour en sortir. Alors je cède à l'envie et à l'excitation, lutte contre la peur de l'inconnu, et écris ma première histoire, signant un aller simple pour un voyage que je mène depuis bientôt quatre ans.
Jamais plus je ne serais la même.
" Toi mon amour " a trouvé son origine dans plusieurs mangas et fictions originales lues durant mon adolescence, mais elle trouve surtout ses racines en moi-même. Cette histoire contient en son sein tout ce qui en moi tient du sadique, de l'autoritaire, du sexe littéraire et de la sensualité amoureuse personnelle. Dans ces chapitres, je suis aussi bien Elizia que l'incube qui le séquestre au sens le plus primaire. Lorsque tu lis, sache que les personnages qui évoluent sous tes yeux sont des parties de moi que j'ai transposées en mots. Et chose extraordinaire, vient alors une conséquence que je n'ai pas prévue : je découvre qu'écrire est pour moi un exutoire aussi bien dans les bons que dans les mauvais moments.
Au fil du temps, écrire est devenu pour moi un moyen de me libérer de beaucoup de choses. Les doutes, la tristesse, l'amour, le désir... Ce sont mes personnages qui les ont ressentis à ma place lorsque je ne pouvais plus le faire ni même en parler, et je n'ai jamais regretté de les avoir créés, car ce qu'ils m'ont apporté en retour - en dehors du fait de me soulager émotionnellement - c'est toi lecteur.
Ton appuis pendant ces années m'est plus précieux encore que tu ne pourras jamais l'imaginer. Car au début, comme tout auteur qui débute, j'ai écris pour toi, pour que tu me lises. Puis devant ton indifférence, j'ai faillit tout arrêter. Mais tu es revenu, et avec toi, sont venus la joie, l'espérance, le désir de persévérer. Et c'est à partir de ce désir de persévérance, que je suis progressivement parvenue à cette découverte fondamentale de ce qu'est l'écriture pour moi.
Donc en fin de compte, c'est grâce à toi que je suis ce que je suis aujourd'hui. En quelque sorte, tu m'a montré la voie vers moi-même. Et pour ça, tu as pour toujours ma toute entière reconnaissance.
Alors aujourd'hui j'ai vingt ans. Vingt années de trop en ce qui me concerne - car quelle est chose plus agréable de ne pas exister et donc de ne pas souffrir? -, mais quelque part je suis tout de même contente d'être là et profiter de ce que tu me permets de vivre.
Alors merci.
A présent, cher et courageux lecteur, je te laisses à la fin de cet article assez autobiographique, avec une petite surprise qui l'est aussi, mais en partie seulement : une interview sur le Yaoi et sur moi-même, orchestrée, enregistrée et montée par ma grande amie Alex Duncan. Peut-être as-tu déjà surfé sur son blog sans lui laisser de trace de ton passage, cela-dit, j'espère que ces vingt minutes de dialogue te feront plaisir et te paraitront comme une sorte de complément plus interactif.
Toi qui viens tout juste de découvrir mon visage, essaies donc maintenant de comprendre ma voix...