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Ton ombre à la fenêtre

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J’habite une petite résidence située en pleine banlieue parisienne. Elle n’est qu’une simple allée bordée de quatre maisons, refermée par une barrière de métal télécommandée, mais c’est suffisant pour lui donner un aspect protecteur et intime.
Refermant la porte de chez moi d’un coup sec, j’actionnai l’ouverture de la barrière avec ma clé et me dirigeai vers la sortie d’un pas pressé.
J'étais en retard pour aller au lycée et ce n’était pas le moment de rater mon bus, alors pour prendre de l’avance je plongeais une main fébrile à l’intérieur de mon sac pour y chercher ma carte de bus. Comme je ne trouvais rien sous la tonne de papiers et de débris non identifiables réfugiés au fond de mon sac, je fini par m’arrêter en plein milieu du chemin pour en renverser le contenu sur le bitume.
Mais je ne trouvais toujours rien.
Et l’aiguille de ma montre tournait.
Comme je me voyais mal faire demi-tour pour chercher cette saloperie chez moi, je me fis les poches, soudainement saisit d’une intuition.
Bingo! C’était en fait dans la poche intérieure droite de ma veste.
Alors que je reprenais ma course, la fenêtre sous laquelle je me tenais s‘illumina, faisant apparaître une silhouette masculine dont la nudité était cachée par un boxer de couleur sombre.
Je fus si surpris et ravi de cette apparition que je m’arrêtais une seconde fois pour l’observer, ignorant délibérément le message d’alerte qui scandait dans mon cerveau : « tu vas vraiment être en retard si tu restes là! »
En plissant les yeux, je me rendis compte que cette silhouette était celle de mon voisin d‘en face de chez moi, un mec taciturne dont j’ai oublié le prénom et que je n’ai rencontré qu’une fois lors de la fête annuelle de la résidence, un certain Rémy ou Martin...
Il se rendit bientôt  compte que je l’observais, et c’est avec précipitation qu’il se déroba à ma vue pour enfiler un jean et un t-shirt.
Une fois habillé, il revint à la fenêtre pour vérifier si j'étais toujours au même endroit, mais si moi je pouvais encore l’observer, lui ne pouvait plus me voir, car j'étais désormais dans un angle mort qui l’empêchait de voir où je m'étais déplacé.
Je ris sous cape, voilà qui allait me donner à fantasmer pendant mon cour de maths….


Posté juste devant ma fenêtre, une paire de jumelles rivée à mes yeux, j’attendais patiemment que mon délicieux voisin daigne se montrer à nouveau. Mon frère, littéralement vautré sur mon lit, tripotait machinalement un emballage de préservatif.
Soufflant d’exaspération, il me lança le petit carré sur le crâne.
- Dis, tu vas rester longtemps dans cette position? Ca va faire pas loin d’une heure que tu poireaute, et moi j’ai envie de commencer la partie!
M’exhortant au calme, je me retournais pour l’observer.
Lui et moi étions aussi différent que le ciel et la terre. Lui était grand et baraqué, alors que j'étais petit et frêle. Ses yeux et ses cheveux étaient d’un cacao profond, alors que les miens étaient d’un blond miellé.
J’avais tellement l’air d’un gamin à côté de lui que les gens avaient parfois du mal à me croire lorsque je leur disait être l’ainé et majeur de surcroit.
Ramassant le préservatif tombé au sol, je regardais mon frère me sourire.
- Adrien, je te le répète, je ne t’ai pas promis de jouer avec toi, alors tu peux y aller. Moi j’ai plus intéressant à faire.
Il ricana.
- Oui, c’est-ce que je constate! Vu comme tu bandes, je pense deviner de quoi il s’agit… Qui est la victime cette fois?
Un petit sourire ravi et moqueur naquit sur mes lèvres.
- Le voisin d’en face. J’ai flashé sur lui ce matin, je l’ai chopé presque à poil par la fenêtre! C’était génial, tu aurais dû voir sa tête!
Il s’esclaffa.
- Hey! Espèce de voyeur pervers! Tu penses que je devrais aller le prévenir, lui dire qu’il est traqué?
Je ris avec lui.
- Vas-y, mais de toute façon, c’est mort pour lui! La cible est verrouillée, impossible pour lui de m’échapper, je le veux et je l’aurais!
Nous riions comme des mômes ayant fait une bonne farce.
Adrien savait que je préférais les hommes, même si pour moi, le mot « préférer » n’était pas exactement le terme exact pour définir ma sexualité. Pour ma part, je n’ai pas choisit d’être ce que je suis, et cela ma famille l’a bien compris. Mes parents ont eu du mal à digérer, mais mon frère s’en est fichu comme d’une guigne. Pour lui, le fait que je soit hétéro ou gay, n’a aucune importance. Je serais toujours son frère quoi qu’il advienne et son soutien me sera toujours offert.
Saisissant la console qui gisait au pied de mon lit, Adrien se lança dans une partie de Tekken, pendant que je reprenais mon observation.
J’avais le souvenir d’un corps assez musculeux, grand et dont la largeur d’épaules contrastait avec la finesse des hanches. Le manque de lumière de la ruelle ce matin, m’avait empêché d’en distinguer plus, mais je ne parvenais pas arrêter le film que montait mon imagination.
Je me rendis compte que je me caressais seulement lorsqu’Adrien murmura, le rire dans la voix:
- Mec, je crois que je vais y aller. T’as l’air…occupé, je te laisses en tête à tête avec ta main. A plus!
Je sursautais et baissais la tête vers mon membre dur. Contrit, je me tournais vers Adrien.
- Désolé, c’est plus fort que moi.
Ce n’était pas la première fois que mon frère me voyais dans cet état, mais je me sentais un peu gêné de m’être fais prendre sur le fait comme un gosse qui aurait fait une bêtise.
- T’inquiète! Je vais voir si papa est ok pour un baby-foot.
J’écoutais pendant un moment décroitre son pas lourd dans l’escalier puis reportais à nouveau mon attention sur la fenêtre obscurcie de la chambre de mon voisin d’en face.
Mais soudain, la lumière illumina la chambre et la fenêtre dépourvue de rideaux que je fixais depuis des heures, chassant ma gêne de mon esprit. Un petit sourire coquin s’épanouit sur mon visage, et je sentis l’excitation gagner l’ensemble de mon corps.
Il était là! Juste devant moi, encore plus beau que dans mon souvenir.
Brun, les épaules larges, le torse puissant et luisant - il sortait sans doute de la douche -, et des hanches que je devinais étroites sous la serviette, je me sentais trembler.
Une bouffée de chaleur envahit mon être sous l’érotisme des visions qu’il m’inspirait.
Je me voyait, bête affamée, glisser sur son corps puissant pour me repaitre de sa saveur musquée, caresser du bout des doigts sa pilosité brune et y enfouir mon visage enflammé….
Toute rêverie s’envola lorsqu’il leva la tête et que son regard croisa le mien à travers les jumelles.
Il resta d’abord un long moment immobile, puis un doux sourire illumina ses traits virils. Ses mains glissèrent lentement sur son torse offert, caressant les tétons bruns, descendant sur les abdos parfaitement dessinés, glissant sous la serviette….
Une flèche de désir me transperça avec tant de violence que je vacillais. Instinctivement, je crispais les mains sur mes jumelles. Ayant deviné mon trouble, son sourire s’accrut pour devenir celui d’un prédateur. Un prédateur dangereusement séduisant et dominateur.
Sa serviette glissa au sol et alors je pu admirer sa beauté dans toute son authenticité.
Ses hanches étroites, les veines qui parcouraient son bas-ventre, ses fesses et ses cuisses fermes, sa virilité durcie…
Suffoqué et rouge d’émotion, je tentais de garder le contrôle de mon corps pour ne pas me précipiter hors de chez moi et me ruer chez lui. Mais toute résolution s’effaça lorsqu’il entreprit de se caresser en faisant signe de rappliquer.
Reculant de plusieurs pas, je laissais tomber les jumelles et tentais de déglutir. Il fallait que je garde la tête froide, oui la tête froide et le contrôle de mon corps.
Je jetais un dernier coup d’œil par la fenêtre…et me ruais dehors, tout contrôle piétiné.
Sortant en trombe de ma chambre, je lançais deux ou trois excuses à la volée devant les yeux ronds de mes parents. J’allais le regretter demain, mais pour l‘instant c‘était le cadet de mes soucis.
Je fus devant sa porte en moins de temps qu’il m’en fallait pour le dire, et me jetais sur sa bouche dès qu’il ouvrit la porte.
Saisissant sa nuque à deux mains, je me collais à lui dans un geste désespéré pour éteindre le feu qui rugissait en moi. Mais il ne s’apaisa en rien et grandit plus encore lorsque ses mains glissèrent sur mes reins et plaquèrent mon ventre contre le sien, brûlant et dur.
J’eus vaguement conscience qu’il m’emportait dans sa chambre à l’étage, puis qu’il me déposais sur le lit. Ses doigts habiles me dénudèrent sans que ses lèvres ne cessent de m’embrasser, et bientôt son corps lourd et chaud recouvrit le mien, petit et fin.
Ses lèvres et ses mains découvraient ma peau, caressaient mon corps avec une passion dominatrice qui me laissait pantelant. Il ne cessait de donner alors que je ne faisais que recevoir. D’un coup de rein, je nous fit rouler sur le lit, renversant la tendance, prenant à mon tour le pouvoir sur son corps que j’explorais de ma bouche, de ma langue, de mes dents. Nos souffles et gémissements mêlés étaient comme une musique accompagnant notre joute sensuelle.
Nous roulions sur les draps, bataillant encore lorsque soudain son étreinte autours de moi se resserra, m’écrasant contre son torse à m’étouffer.
Plongeant son regard chaviré au fond du mien - je notais que ses yeux étaient d’un gris acier -, il me demanda dans un souffle:
- Je peux?
J’acquiesçais dans un sourire, touché par sa délicatesse et retins mon souffle lorsqu’il s’introduit en moi après avoir passé un préservatif, poussant doucement sur la chair de mon anus qui se dilatait sur son passage.
Il était presque au fond de moi, quand dans un petit rire, il s’immobilisa et murmura :
- Je ne sais même pas comment tu t’appelles!
Je ris moi aussi, répondant d’une voix rauque de plaisir:
- C’est Gabriel…
- Enchanté, moi c’est Dylan.
Mon amusement, du au fait que je trouvais que se présenter maintenant était comique, s’envola dès qu’il entama sa lente danse en moi. Ses mouvements étaient doux, fermes, délicieux. Pour rien au monde je n’aurais voulu que cette douceur s’estompe, mais bientôt, et sans signe avant-coureur, la tension accumulée explosa en nous, submergeant nos sens d’un orgasme dévastateur qui nous laissa pantelants.
Nous nous abattîmes sur les draps d’un même élan, enlacés et les lèvres soudées par un baiser voluptueux.

Un peu plus tard, j’ouvrai les yeux sous la lumière grise d'un ciel assombrit par les nuages. Jetant un coup d’œil affolé au réveil posé sur la table de nuit - onze heures passées -, je me laissais finalement retomber sur les oreillers, imaginant la tête de mes parents lorsque je leur expliquerais la situation, sans parler de mon absence à justifier au lycée et des cours que j’aurais à rattraper.
- Ah, tu es réveillé.
La voix veloutée de Dylan me fit me redresser sur mon séant, et je l’observais sans retenue, le regard gourmand.
Nonchalamment adossé au chambranle et les bras croisés sur son torse, il n’était vêtu que d’un boxer noir et me regardait lui aussi, une drôle de lueur au fond de ses beaux yeux gris.
Je retins mon souffle, il était encore plus sublime à la lumière du jour.
Déglutissant difficilement, sous son regard brûlant, je tentais de garder un air décontracté.
- Salut….
Ma voix était rauque, encore porteuse du sommeil et du plaisir de la nuit passée.
- Salut.
Il marqua une pause, comme s’il réfléchissait à quelque chose, puis son regard se mit à luire.
- Je te reconnais tu sais. Tu es celui qui m’a pris par surprise hier matin.
Je ricanais, très fier de moi.
- Je ne m’attendais pas à ce que tu joues les voyeurs, ni à passer une nuit si…. Enfin, c’était quelque chose!
Son petit sourire me fit frissonner de la tête aux pieds, et tout mon corps se tendit lorsqu’il vint me rejoindre sur le lit.
- Oui en effet. Excuse-moi de t’avoir espionné de cette façon, mais…c’était plus fort que moi.
- Au contraire, ça ne m’a pas dérangé, je dirais même que ça a contribué à mon excitation. Ta façon de me regarder à travers ces jumelles, comme si tu étais inaccessible, c’était…très stimulant.
Le feu qui m’enflamma les joues fit pétiller ses prunelles d’amusement. Je lui demandais, un peu timide tout d’un coup:
- Je ne sais même pas quel âge tu as.
- Je n’ai que 21 ans, même si je parais plus vieux.
Son expression se fit soucieuse, même s’il gardait toujours son petit sourire au coin des lèvres.
- Dis-moi, tu es majeur au moins? Parce que je ne tiens pas à avoir des problèmes avec tes parents, n’oublie pas que nous sommes voisins. Ce n’est pas pour te vexer non plus, je te rassures, mais tu parais si….jeune, tu es à croquer.
J’inspirai et expirai pas loin de trois fois avant d’être sûr de pouvoir parler sans lui sauter dessus. Nom d’un chien, il était tellement sexy!
- Je…je suis majeur oui, et ne t’en fais pas pour mes parents. Après la frayeur que je viens de leur faire, je vais sûrement être consigné chez moi à vie.
Son sourire se transformait doucement  en une moue craquante, bizarrement, j’ai à nouveau manqué d’air.
- J’espère que non, j’adorerais te revoir Gabriel, te connaître mieux et qui sait…peut-être avoir plus. Je n’ai personne en ce moment et…tu me plais vraiment beaucoup. D’ailleurs, je sens que je te fais le même effet alors…
Il s’ approcha doucement de mon visage, et ses lèvres emprisonnèrent les miennes dans un baiser doux, tendre et empli de promesses vertigineuses.
Enserrant ma taille de ses bras, il me fit doucement basculer sur le dos pour s’installer entre mes jambes. Sa peau plaquée contre la mienne était douce, et sentait le café et l’agrume.
Interrompant notre baiser, il me chuchota à l'oreille:
- Gabriel, tu sais à quoi tu me fais penser? A un ange, un petit chérubin blond et fluet qui s’amuse à me faire perdre la tête avec sa bouille trop innocente et ses ruses sensuelles.
Amusé, je lui lançai un regard provoquant.
- Oh, et que puis-je faire pour y remédier?
- Reste avec moi et laisse-moi te dévergonder…
Il s’empara à nouveau de mes lèvres dans un grognement de plaisir qui me fit tourner la tête. Envahit de la même ferveur, je lui rendait ses baisers avec une passion nouvelle, savourant l’idée que jamais plus je n’aurais à fantasmer sur son ombre à la fenêtre.

 

 


 

Billet :

Une autre petite adaptation en histoire de la vie réelle comme j’aime souvent le faire. Celle-ci m’a été inspirée par une des anecdotes d’une ancienne amie.
L’histoire est la suivante : un matin, alors qu’elle est en retard pour se rendre au lycée et qu’elle marche à vive allure dans l’allée de sa résidence, elle voit passer une ombre à la fenêtre de son beau voisin. Ce n’est pas la première fois que le phénomène se produit alors elle n’y fait pas attention…jusqu’à ce qu’elle s’aperçoive que le spécimen en question est torse nu et en sous-vêtements. Alors naturellement, elle s’est arrêtée pour mater la chose deux minutes mais ce n’est pas allé plus loin.
Emoustillée par l’histoire, c’est moi qui, plus tard, ai décidé de pimenter les choses façon " yaoiste ". Autant vous dire qu’elle a beaucoup apprécié l’adaptation!

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N
Super! J'adore quand il essaie de garder le contrôle mais se rue quand même chez son voisin sexy qui lui fait du rentre dedans et pas du tout dérangé d'être espionné! Les promesses de la fin laissent rêveuses Merci et bonne continuation
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G
Un p'tit voyeur ce Gabriel J'adore comment il se précipite chez son voisin (et quel voisin ! *o*) et aussi comment ce dernier le chauffe xD Mais j'adore surtout la scène où il se présente alors que Dylan est en Gabriel, j'ai explosé de rire ! Un moment d'anthologie, à n'en pas douter Très bonne continuation :3
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I
C'est très passionné un OH : One Hot ^^. Un peu étrange la sensation de voyeurisme au début mais comme c'est toujours parfaitement écrit ça ne pose pas de problème.
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S
Ahlàlàlà j'aime ton Gabriel, surtout quand il cours jusqu'à la porte de son voisin, et quel voisin ! han son voisin, Dylan...... Bref j'ai encore aimé !
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M
Oh un petit voyeur pervers, j'adore xD Entre eux c'est aller vite dis donc, mais bon, au final c'est mignon *-*
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