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- A quoi tu penses?
Somnolant, Rafael tourna vers Simon un regard embrumé.
- Je ne pense à rien.
- C’est vrai?
Simon se redressa sur un coude pour mieux le voir.
- Quoi, tu penses vraiment à rien?
Raf cligna trois fois des yeux avant de les refermer.
- En fait, si tu veux tout savoir, je repense à ton visage quand je te fais l’amour. Il est magnifique.
Le concerné eut un large sourire.
- Flatteur.
- Sincère surtout.
- Oui, ça je n’en doute pas.
- Viens par là.
D’un seul geste, Raf saisit sa nuque et amena Simon à sa bouche pour un baiser. Tendre, passionnée, sensuelle, fut sa langue, et les gémissements de Simon lui firent écho. Puis leurs corps tout entiers s’enflammèrent et bientôt Raf les sépara. Le regard brillant et les lèvres luisantes.
- Mmmh, magnifique.
- J’ai envie de toi.
Le sourire de Rafael se fit gourmand.
- Moi aussi
Retournant Simon sur les draps, Rafael le fit s‘allonger sur le dos, un sourire de chat sur les lèvres. Il se donnait l’impression d’un félin chassant sa proie. C’était grisant.
Taquin, il laissa glisser le bout d’un doigt le long de la poitrine de son amant, un bout de langue coincé entre ses dents, au coin des lèvres.
- Voyons… D’abord je vais t’embrasser, encore et encore jusqu’à ce qu’on ne puisse plus respirer.
- Mmmh, appétissant…
- Ensuite… Je vais lécher, puis sucer, mordiller, et embrasser chaque parcelle de ton corps jusqu’à le rendre rouge et luisant de salive. Je vais tellement t’enrober de mes fluides que tu ressembleras à une patinoire quand j’aurai fini. Ce sera magnifique.
- Je vais être luisant!
Ils rirent tout les deux.
- Ah oui! Un véritable ver-luisant!
- J’ai hâte!
Rafael lui lança un regard faussement réprobateur.
- Oh! Non, non, non, mon amour, pas d’impatience! Moi je veux prendre le temps de te goûter. Je veux te grignoter par petits bouts, et ce très lentement. Tellement lentement…. Jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien de toi!
Simon fixa sur lui ses grands yeux bleus.
- Très bien. Alors commence. Je suis prêt.
Le regard sombre, Rafael répondit par un sourire.
- Tes désirs sont des ordres mon ange.
Puis sa bouche se posa sur la sienne, tentatrice, enjôleuse, délicieusement diabolique. Rafael y mis tout son art et sa patience. C’était divin.
Langoureux, Simon étirait son corps sous son corps, tortillait sous lui les draps de coton, les imbibant de transpiration. Il respirait fort, et c’était bon. Sur sa peau, sur ses membres, il sentait les lèvres et les mains douces de Raf, percevait son souffle, frissonnait sous sa salive, frémissait sous sa langue, et tressaillait sous ses dents. Ses dents blanchies à la chaux qui blessaient ses mamelons, égratignaient la peau tendre de son ventre, et menaçait délicieusement celle, si fragile, de son sexe.
Rafael, lui, était au comble de l’excitation. Evidement, il n’atteignait pas encore le paradis, mais il savait que cela ne saurait tarder. Faire l’amour à Simon était devenu un art qu’ils avaient appris à maîtriser, et qu’ils maniaient aujourd’hui avec une dextérité presque chirurgicale. C’était véritablement jouissif. Et encore, le meilleur restait à venir.
Délaissant le pénis encore dur et insatisfait de son aimé, Rafael remonta lentement vers ses lèvres, et les baisa tendrement.
- Hey, tu vois que tu es tout luisant maintenant.
- Oui. Je suis tout mouillé.
- C’est beau. Ta peau qui brille comme si tu étais recouvert de plastique. J’aime ça, mon corps glisse tout seul.
Ce contact humide à fleur de peau amplifiait les sensations, ils le savaient tous les deux. Grâce à lui, Simon sentait l’air froid de la pièce sur sa peau, la texture rugueuse des draps sous son corps alangui, la brûlure du souffle de son homme, la douceur de sa peau et la caresse légère des poils si longs et noirs de son torse, avec une acuité bien plus profonde. Tout était plus puissant, plus fort, et parfumé. La tête lui tournait.
- Hey Sim, tout va bien?
- Oui, ça va. J’ai juste eu un vertige.
Raf eut un sourire très masculin.
- C’est moi qui te fais cet effet?
Simon lui rendit son sourire.
- Ouais.
- Parfait.
Et il recommença à l’embrasser. Il le fit exactement comme il avait commencé. Lèvres d’abord, puis cou et torse, mamelons et nombril, et enfin l’entrejambe. Sauf que cette fois, il fit jouir le membre raide et gorgé de sang. Faisant jaillir par sa langue et ses lèves le doux nectar salé et lactescent. Savourant sur ses papilles le goût et la chaleur du liquide, et dans sa gorge la sensation de sa descente, il gémit. C’était divin.
- Oh, Rafael…
- Oui mon amour?
Simon baissa sur lui ses pupilles embrumées.
- Si tu ne me prends pas maintenant, je crois que je vais mourir!
Pas du tout surpris, Rafael eut un doux rire de gorge. Comme il aimait l’impatience de son aimé. C’était une composante essentielle de leur acte d’amour. Sans elle, il n’aurait pas été ce qu’il est : extrêmement précieux.
- Un peu de patience mon ange. Ta délivrance arrivera. Mais avant, j’ai encore un petit quelque chose à faire.
- Oh mon dieu! Rafael non! Je ne sais pas si je pourrais supporter ça. Je n’en peux déjà plus!
Raf sourit de toutes ses dents.
- Alors prend sur toi pour le supporter amour, parce que je ne compte pas te pénétrer avant.
- Oh mon dieu….
- Oh que oui…
Gloussant de plaisir, Raf se pencha entre les cuisses de Simon et commença à l‘écher testicules et scrotum avec une application toute perverse. Son désespoir le réjouissait. Le voir si impatient, à nouveau dur, et brûlant d’anticipation, le rendait fier, affamé, et encore plus amoureux qu’il ne l’était déjà. Il touchait le paradis, le nirvana.
Explorant de sa langue la peau douce habituellement dissimulée par les petites bourses de chair, Raf se délectait. Son goût, sa chaleur, et sa texture enchantaient sa langue, emplissaient sa bouche, et s’infiltraient dans son corps jusqu’à son âme. Il aimait chaque partie de Simon, jusqu‘au plus minuscule défaut. La moindre parcelle de son corps avait été palpée, goûtée, et caressée, par tout ce qui pouvait palper, goûter et caresser. Et jamais il ne se lassait de recommencer. Encore, encore, et encore, jusqu’à plus soif, et même au-delà.
- Rafael!
Cédant aux gémissements de son homme, Rafael descendit plus bas. Pénétrant de sa langue humide le doux antre rose qui appelait à sa visite, à la délivrance que seul son corps pouvait lui apporter. Les contractions autour de lui l’excitaient, et bientôt il ne put résister au désir de caresser l’entrée de ses doigts, puis de la pénétrer profondément.
Le cri qu’il arracha de son amant fit bondir son cœur et son sexe, mais il préféra faire durer le plaisir et la douleur de l’attente. Tout était si meilleur lorsqu’on attendait!
Plongés loin en Simon, ses doigts fouillaient tendrement la chair brûlante, frayant avec lenteur un passage au plus secret de son corps, baignant dans une fournaise de plaisir et de désir que lui seul savait créer et amplifier selon son désir. C’était si bon!
- Tu es si chaud mon amour… Une telle passion me donne des frissons.
- Oh Seigneur… Rafael, tu es un tortionnaire! Met un terme à ça tout de suite, je n’en peux plus!
Cette fois, Raf décela une pointe de colère dans sa voix. C’est donc que la partie était terminée. Ils avaient fini de jouer.
- Tes désirs sont des ordres mon aimé.
Puis avec une révérence, Raf retira lentement ses doigts. Mais l’entrée vide, humide, et avide entre les jambes de Simon ne le resta pas longtemps. Après un léger coup de langue qui fit presque hurler Simon de rage, Rafael banda son sexe et s’invita en lui par à coups.
- Du calme mon ange. J’arrive.
Simon le fusilla du regard.
- C’est pas trop tôt!
- Chut…
De ses hanches, Rafael mena la danse et le fit taire. Ses coups étaient doux, puissants, profonds, sûrs. Ils faisaient naitre des frissons sur tout le corps de Simon, qui rejeta la tête en arrière, et entrouvrit les lèvres, se donnant complètement.
Cédant à la silencieuse invite, Rafael dévora la pulpeuse bouche offerte, faisant rougir encore davantage
les lèvres déjà carmin, et haleter le souffle déjà court qui s’échappait d’elles.
Encore et encore, et ce pendant ce qui lui sembla une éternité, Rafael poussa les limites du plaisir de son corps dur. Luisant et chaud, il poussa encore et encore, toujours plus loin les barrières qui les retenaient. Et lorsqu’elles lâchèrent, tout deux crièrent de concert.
Lui en lui, et lui autour de lui, ils s’enlacèrent sur les draps. Leurs corps étroitement emboîtés, comme les pièces d’un puzzle qui se seraient trouvées pour ne plus se séparer. Ils haletaient l’un contre l’autre, leurs poitrines s’entrechoquant par intermittence. Ils étaient bien. Ils étaient heureux. Ils étaient amoureux.
Billet :
J’ai fait un rêve érotique le jour où cette histoire est née. Je n’ai fait que le retranscrire avec des mots. Je m’en souviens un peu. Les images étaient en gris et blanc. C’était flouté par endroits, et la lumière au fond était éclatante. Il y faisait chaud et bon, la complicité des corps était parfaite, idéale. J’étais l’un des deux, mais je ne sais plus lequel, peut-être le plus soumis… Quoi qu’il en soit, c’était un beau rêve plein de sourire et d’amour, de désir et de passion douce.