Lentement, très lentement, le jeune baron émergea des profondeurs de sa léthargie, et reprit conscience de ce qui l’entourait. Petit à petit, le nombre de ses battements de cœur doubla, faisant circuler son sang plus vite dans ses veines, et le rythme de sa respiration accélérera. Puis après quelques battements de paupières hésitants, il ouvrit les yeux, et focalisa son regard sur le rai de lumière lunaire qui traversait la pièce. Il était réveillé.
Plongée dans une obscurité presque totale, la Chambre, sans l’éclat chaleureux des bougies, lui parut vide, froide et hostile. Et cette chaleur ! Constatant qu’une fine pellicule de sueur recouvrait son front, Elizia s’étonna de la température anormalement élevée. Se passait-il quelque chose ?
N’étant cependant pas certain de vouloir vraiment connaitre la réponse, le baron se contenta de rester parfaitement immobile pendant que d’un regard circulaire, il se faisait une idée de l’état de la chambre et des intentions du Maître. Plissant les yeux pour scruter chacun des recoins de la Chambre, il lui fallut plusieurs minutes avant de décider que rien d’anormal ne semblait se produire. Tout était calme, et son tortionnaire ne se trouvait nulle part dans la pièce pour l’instant. Dès lors rassuré, il se détendit sous les draps et referma les paupières, prêt à s’immerger de nouveau dans le sommeil.
- Inutile petit homme. Je sais que tu es éveillé.
Surpris, le concerné réprima un sursaut et grimaça sous la douleur lancinante qui lui vrilla le bas du dos.
Le Maître l’avait déchiré.
Les sourcils froncés par la colère, Elizia pris soudain conscience que dans les prochains jours, il lui serait impossible de s’assoir correctement sans que la douleur comprimée dans son coccyx ne soit fulgurante. Il n’avait pas d’autre choix, que de se redresser sur les coudes ou de rester allongé sur le dos ou ventre comme un nourrisson.
Une telle contrainte était si indigne de lui.
La haine soudaine qui enflamma son regard et fit saigner son cœur de douleur au souvenir de leur étreinte, répandit un tel désir de vengeance que tous ses membres en tremblèrent.
Un jour.
Un jour, il tuerait cet être infâme.
- Mondrose…. Sais-tu pourquoi, jeune homme, j’ai baptisé cette école ainsi?
Surgissant soudain d’entre les ténèbres comme une apparition, le Maître s’immobilisa tranquillement devant l’une des immenses fenêtres, dont il écarta un pan de velours pour mieux voir l’Astre nocturne. Alors baigné de lumière argentée, ce corps nu à la froide beauté trompeuse, devint brillant, resplendissant. Sa stature parut plus grande, plus mince, plus élancée, plus distinguée et plus….attractive encore qu’Elizia n’aurait l’imaginer. Un seul regard sur toute cette beauté mystérieuse aurait fait vaciller n’importe qui de désir et de convoitise. Mais Elizia ne s’y trompa pas. Rien de ce qui venait de cet homme n’était beau ou bon. Il n’était que poison.
Sans toutefois se tourner vers lui, le Maître lui posa à nouveau sa question.
- Alors ? Sais-tu pourquoi j’ai choisis ce nom ?
Un peu plus tôt, le Maître s’était joué de lui en se rendant invisible et imperceptible à ses sens. Il avait trompé sa vigilance avec tant d’aisance et de désinvolture que tout en lui se révoltait. Evidemment, une telle interprétation était absurde, mais il ne pouvait pas s’empêcher de le ressentir comme une trahison, une violation de son sentiment de sécurité. En l’empêchant volontairement de le percevoir, son geôlier avait brisé la confiance qu’il plaçait en ses sens. Et cela il ne le lui pardonnerait jamais.
- Non je ne sais pas, et je m’en moque. Après ce que vous venez de me faire subir, ne pensez pas recevoir de moi un quelconque intérêt pour vos affaires.
Si les propos laissèrent l’homme de glace, il n’en fut pas de même pour la lourde insolence de sa voix.
- Tu étais consentant Elie. Je peux te l’assurer. J’ai d’ailleurs très bon souvenir du nombre de fois que tu as jouit, gémis, hurlé… Ton plaisir à être dans mes bras était si manifeste, si touchant. L’espace d’un instant, je l’ai associé à celui d’une jolie pucelle… Vraiment rafraîchissant.
Rafraîchissant?
Cet inhumain l’avait violé, blessé, et humilié mille fois sans aucun remord ni considération pour sa fierté, et il trouvait cela rafraîchissant?
La colère et la fureur s’accumulèrent en lui telles des bombes à retardement, faisant luire ses yeux noirs d’une lumineuse lueur sanguine et bander chacun de ses muscles dans l’optique de bondir sur le Maître pour l’écharper.
Mais tandis qu’il établissait des plans de vengeance des plus créatifs, une étrange brume s’abattit sur son esprit et en balaya toute envie assassine, délayant la rage explosive et la colère noire, le laissant vide de toute émotion.
Se sentant vaguement nauséeux, et comme si l’on venait de lui dérober quelque chose de fondamental, Elizia demanda, les yeux vitreux.
- Vous…c’est vous qui… ? Pourquoi? Pourquoi avez-vous fait cela?
Toujours sans le regarder, l’homme près de la fenêtre caressa lui répondit d’un ton dénué d’inflexion.
- Viens ici.
Rendu docile et sans force, Elizia fut incapable de lutter contre la forte attraction qui l’attirait, le poussait à quitter la couche, malgré la douleur, et à rejoindre celui qui tirait les ficelles de son nouveau corps de marionnette. Bien vite, ses pas ramollis menèrent son corps nu tout près de celui du Maître, et il bénéficia, lui aussi de la phosphorescence lunaire.
Légère et mutine, une main glacée se mit à lui effleurer l’échine, et il frissonna.
- Je me répète une dernière fois Élie : sais-tu pourquoi, j’ai choisi ce nom?
Sa réponse fut mécanique, sans intonation particulière.
- Non, Maître. Je ne sais pas.
Il fixa son regard sur l’immensité du ciel étoilé.
- Te plairait-il de le savoir?
- Non merci. Cela ne m’intéresse pas.
Imperceptiblement, le corps de l’homme se raidit.
- Non?
- Non.
Un sourire sardonique étira alors ses lèvres.
- Et bien mon cher, voilà qui est dommage pour toi. Tu viens tout juste de perdre quelques minutes de répit.
Puis avant qu’Elizia comprenne de quoi il s’agissait, la main légère le saisit à l’épaule d’une poigne de fer et le plaqua fermement contre la vitre.
Deux jambes puissantes écartèrent et maintinrent ensuite les siennes avec force pendant que deux doigts plongeaient entre ses cuisses, réveillant la douleur de la plaie qui n’avait pas encore totalement guéri.
Le buste collé à la vitre glacée par le torse froid qui se plaquait contre son dos, et l’esprit encore sous emprise psychique, Elizia ne pouvait ni se débattre mentalement, ni se dégager physiquement à grand renfort de coups de poings comme il aurait souhaité le faire.
Il priait le Ciel tout en cherchant fébrilement une porte de sortie mentale lorsque, sans aucune douceur ni précaution, le Maître le pénétra d‘un ample coup de rein. Violemment. Profondément.
La douleur qui le transperça fut si intense, qu’elle le laissa sans voix. Hoquetant sous le choc, il fut incapable de retenir les larmes qui affluèrent et inondèrent abondamment ses joues comme un torrent. Gémissant de douleur et de honte, il senti soudain sa raison vaciller et ses jambes trembler. Puis le sol commença dangereusement à tanguer sous lui tandis qu’il perdait l’équilibre. Mais au dernier moment, les mains du Maître le redressèrent et le maintinrent fermement en place.
Le paysage qui s’étendait par la fenêtre lui parut subitement comme le meilleur moyen d’échapper à l’enfer qu’il était en train d’endurer, et il y focalisa toute son attention, toute sa force, et toute son énergie, dans l’espoir d’y puiser du courage et de parvenir, enfin, à s’évader loin, loin, si loin… Les yeux rivés sur ce qu’il savait être un terrain calciné, ce fut pourtant la vision d’un champ de fleurs, immense et lumineux qui lui apparut tout d’un coup.
Intrigué, Elizia fronça les sourcils et chercha à s’approcher pour mieux voir, certain de souffrir d’hallucination. Mais à cet instant, le Maître, lui lécha la gorge et il faillit perdre sa concentration.
Oublier. Ne rien ressentir. Oublier. Ne rien ressentir. Oublier. Ne rien ressentir. Ne rien ressentir. Ne rien ressentir….
Alors éperdu, il se focalisa sur cette anomalie pour oublier la douleur, pour oublier le dégoût, et ne pas ressentir la honte qui le submergeait. Les yeux fous et vitreux, il demeura longtemps focalisé sur le champ de fleurs qui s’épanouissait au rythme lumineux de la lune, puis avec un incroyable bonheur dont il ne comprit pas la provenance, il aperçu enfin le mouvement des roses et sur ses lèvres un lent sourire s’épanouit. Elles. Les seules, les uniques, qui étaient des milliers, étaient enfin là, s’étendant, si belles et reines, dans ce champ qui n’appartenait qu’à elles, et se présentait à lui telle une mer rougie par un merveilleux sang vermillon.
Un rouge comme le sien.
***
Relâchant un long soupir satisfait, Cèlüè se leva avec souplesse du lit dans lequel il se vautrait depuis bientôt deux jours, et caressa d’une main légère le visage au repos de son bien, ses longues lèvres s’étirant dans un sourire gourmand. Étant donné le nombre de fois où il l’avait usé cette nuit, et son appétit étant désormais repu - le dernier ébat ayant uniquement servi de coupe-faim, une sorte de collation de minuit en somme -, il savait qu’il n’en aurait pas besoin avant au moins deux jours..
Mais il aurait encore faim. Et d’ici là, Elizia aurait tout intérêt à avoir récupéré ses forces.
Saisissant un grain de raisin entre deux doigts d’un blanc de nacre, il observa d’un œil aiguisé l’arrondit et la brillance parfaits du fruit, tout en en appréciant sa texture ferme et lisse sur sa peau glacée.
Son Elizia était comme ce grain de raisin : des formes sensuelles parfaitement proportionnées, une puissance d’âme tout aussi brillante, et une texture de peau si lisse qu’il devait se faire violence pour ne pas la mordre lors de leurs ébats.
La satisfaction le fit soupirer. Quelle meilleure proie aurait-il pu souhaiter?
Aucune bien sûr.
Le fougueux baron était presque aussi doué qu’Adonis dans l’art de la chambre à coucher. Ce qui lui manquait n’était qu’une infime dose de soumission. Mais dès l’instant où elle lui serait inculquée, il surpasserait son Pantin en adresse, et alors…Leurs ébats deviendraient de véritables joutes sexuelles !
Salivant d’excitation face à tant de potentiel et de perspectives, il reposa le fruit et alla s’habiller.
Les pouvoirs qui grondait dans ses veines étaient assez étendus et puissant pour qu’il n’ait besoin que d’un claquement de doigts pour se vêtir, mais étrangement, il aimait prendre le temps de revêtir chaque étoffe sur la peau de son corps emprunté. Savourer la fluidité d’un tissu soyeux en train de glisser sur son corps, être délicatement chatouillé par la dentelle fine et belle, tenir dans ses mains la rondeur minuscule d’une multitude de boutons nacrés, voir petit à petit les vêtements recouvrir sa peau et retrouver leur place sur ses membres…. Ses frères - une bande de rustres sans manières comme il aimait les appeler - trouvaient étrange qu’un démon de son rang éprouve une telle affection pour ce qui était d’invention humaine, et qu’il désirât toujours être habillé.
Essayez donc de passer dix millénaires sans un corps solide à palper, à toucher, et vous verrez si vous n’apprécierez pas de l’orner chaque jour des plus beaux atours !
Envoyant silencieusement ses semblables à Dieu, il suspendit brusquement son mouvement lorsqu’Elizia se retourna sous les draps, murmurant le nom de son amant.
Deux sentiments se disputèrent alors son attention.
La colère mêlée de rage, qui lui imposait de filer aux cachots pour désintégrer celui qui occupait les pensées de son bien. Et Le désir, qui le poussait insidieusement vers le lit, l’incitant à se dévêtir pour rejoindre Elizia – dont le corps nu et meurtrit était comme moulé par les draps de soie – et lui rappeler fermement à qui il appartenait.
Mais il n’eut pas le temps de décider qui l’emporterait, car à cet instant Tessa, qui somnolait sur le sofa, se leva d’un bond, tous les sens aux aguets.
- Je pense que nous allons avoir de la visite ma douce. Préviens Belzébuth, je vais avoir besoin de lui.
D’un pas leste, Cèlüè pénétra dans son bureau, et gagna son fauteuil de velours noir, s’y laissant tomber avec amusement. Il savait qui venait le voir, et il s’y attendait depuis quelques jours maintenant. Tôt ou tard ses manigances allaient être découvertes, et il ne pourrait pas se soustraire à la vague de contestation qui allait s’abattre sur lui.
Sauf qu’ il s’en moquait.
Après des millénaires d’emprisonnement, il avait enfin trouvé un passe-temps passionnant, et il n’allait sûrement pas y renoncer pour des principes.
Des principes.
Il rit de l’ironie de sa pensée. Depuis quand les démons avaient-ils des principes?
Trois coups discrets furent tapés à la porte, et le visiteur entra, dépourvu de tout vêtement, un sourire narquois étalé sur son visage hideux.
- C’est Méphisto?
- Oui, et il ne vient pas seul.
- Avec Lilith?
Le sourire goguenard de Belzébuth s’effaça alors, aussitôt remplacé par une mine effarée. Lilith n’était pas du genre à se mêler de ce genre de chose, et d’ailleurs ce n’était pas ses affaires!
- En effet. Ta mère à décidé de se mêler de la partie. Je suppose que tu vois donc le fond du problème.
Belzébuth explosa.
- Par tous les démons des Limbes! Cèl…Cela ne la regarde en aucune façon! J’ai choisi de travailler pour toi, et je le fais par amitié! D’autant plus qu’il est plus facile pour moi de me nourrir ici que là-bas.
Il avait prononcé cette dernière phrase avec un sourire carnassier, passant et repassant ses deux langues visqueuses sur des canines démesurées.
Irrité, Cèlüè soupira.
- Crois-tu donc que je ne le sais pas? Tu es le Prince des Enfers, Belzé. Il est normal que les souverains désapprouvent le fait que tu œuvres pour un démon de caste mineure. Mais si un jour tu dois m’abandonner, sois sans crainte, je te promets de survivre à ton départ.
Scandalisé par le ton ironique du maître des lieux, le prince posa un genou au sol, et plaqua une main sur son front en signe d’allégeance.
- Mon ami, dit-il le ton grave, je t’ai fais une promesse, et je préférerais mourir plutôt que de la trahir!
Cèlüè rit à gorge déployée.
- Un serment à présent? Par l’enfer Belzébuth ! A quoi cela sert-il? Ce n’est pas comme si, nous démons, avions le sens de l’honneur!
Le prince lui jeta un regard peu amène.
- Ne gâche pas ce moment s’il te plait, j’essaie d’être loyal, héroïque! Alors pourrait-on faire comme si?
Cèlüè pouffa encore, mais accepta promptement le serment - en roulant des yeux intérieurement – pour mettre rapidement fin à cette parodie chevaleresque.
Décidément, le monde humain avait une mauvaise influence sur le Prince. Être loyal, non mais franchement! Il en riait encore quand, dans une flambée de lumière et de feu, deux autres démons apparurent dans le sombre bureau et réduisirent l’espace à très peu de chose.
Aussitôt, Belzébuth et lui, s’agenouillèrent, en signe de respect et de soumission.
- Majesté. Conseiller.
- Mère. Conseiller.
- Relevez-vous, bande d'ingrats. Je n’ai pas de temps à perdre avec des flatteries.
***
Étrangement, il avait l’impression d’avoir de plus en plus froid au fur et à mesure qu’il s’habituait à cet endroit. Et comme la lumière du jour ne filtrait pas dans cette prison où il était enfermé, il avait peu à peu perdu la notion du temps. Alors pour palier à ce manque, il avait trouvé un autre moyen de repère : il comptait les jours en fonction de ses repas. Comme il avait remarqué qu’on lui apportait sa pitance deux fois dans un laps de temps assez court, il en avait déduit qu’il était nourrit deux fois par jour.
Voilà ce qui expliquait son alarmante maigreur et sa faim constante.
Se recroquevillant sur lui-même, Florent tenta d’ignorer les cris de son estomac en réfléchissant. Faire marcher son cerveau était la seule chose qui l’aidait à oublier sa faim, et il avait l’impression que cela durait depuis plus d’une semaine. Il se doutait bien qu’il n’était plus au manoir des Von Waldorf, et qu’on l’avait enlevé pendant qu’il dormait, car son dernier souvenir remontait à ses dernières ablutions avant son coucher. Mais il n’avait aucune idée de la raison de son enlèvement ni de l‘endroit où on le retenait captif.
Isolé dans cette caverne de pierre depuis son arrivée, il se sentait seul et se lamentait de n’avoir personne à parler de son malheur. Son seul contact avec l’extérieur était un jeune homme blond d’une incroyable beauté, qui ne le lui adressait jamais la parole, ne le regardait jamais directement, et prenait toujours grand soin de rester dans l’aveuglante lumière afin de ne pas être dévisagé.
Jusqu’à il y a deux jours, Florent n’avait pas tout de suite compris les raisons de tant de précautions. Puis un jour, la vigilance rigide que lui témoignait toujours son geôlier ne fut pas aussi efficace que d’habitude, et la petite partie du visage qu’il entrevit, le laissa la bouche ouverte et les yeux écarquillés de stupeur.
La beauté de ce garçon si semblable à celle des anges, l’avait tant bouleversé qu’il avait cru à une hallucination due aux drogues contenues dans la nourriture.
Mais à présent il comprenait pourquoi il dissimulait son visage. Et depuis, il faisait plus attention et s’allongeait discrètement dans un angle qui lui permettait de mieux le voir, ainsi, il pouvait l’observer à loisir et se rassurer chaque jour sur le fait qu’il ne rêvait pas.
Se noyer dans la splendeur du jeune homme le distrayait de sa morosité, de sa tristesse et de la laideur de sa situation, car repenser à sa vie d’avant ne faisait que déprimer plus encore.
Un soupir lui échappa lorsqu’il repensa à son maître et amant, désormais loin de lui pour trois longues années, qui ne savait sûrement pas ce qui lui était arrivé, et qui ne le saurait probablement jamais s’il mourait ici.
A la pensée qu’il puisse mourir et ne jamais revoir le visage de son bien-aimé, le jeune homme sentit son cœur se serrer d’angoisse. Le garçon qui lui apportait sa pitance était certes beau et séduisant, mais il était un rêve, une chimère, qui ne comptait pas. Jamais rien ni personne ne pourrait remplacer l’amour qu’il éprouvait pour Elizia. Quelque part au fond de lui, Florent savait que son amant l’aimait par-delà la distance. Oh oui, qu’il sentait leurs cœurs battre à l’unisson! Tous deux s’étaient promis un amour infaillible, et Florent comptait bien lui rendre la pareille. Jamais il ne pourrait l’oublier, ni le trahir. Jamais.