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Chapitre 12

12.

 

Chapitre 12|X]

Pendant ce temps, l’étrange disparition d’Elizia ne fut bientôt plus l’élément phare des rumeurs qui alimentaient les bruits de couloir et les conversations de Friedrich, d’Olivia, de Célestina et de tous les autres élèves de l’école. Car d’autres élèves, comme lui, avaient disparus.
Cela faisait bientôt plus de deux jours qu’Elizia n’avait donné signe de vie à ses amis, personne à l’école ne l’avait aperçu nulle part depuis son évanouissement un matin au petit-déjeuner, et ils s‘inquiétaient.
Comme bon nombre des élèves récemment disparus avec lui, il n’était plus présent aux cours ni aux repas, et la porte de sa chambre restait invariablement fermée.
Les professeurs, au moment de l’appel, égrenaient les noms de leurs voix monocordes, accomplissant cette tâche administrative d’un geste machinal et blasé, ne semblant jamais remarquer le nombre croissant d’absences, ni même celle, récurrente d’Elizia Von Waldorf.

***

Il était debout, au milieu d’un champ de fleurs d’un rouge éclatant, presque sanglant. Un peu perdu, il tournait sur lui-même, cherchant le chemin qui le mènerait chez lui, auprès de son amant et de ses domestiques, mais il ne voyait rien, trop éblouit par l’éclat rougeoyant des roses.
La tête lui tournait, et ce vertige lui donnait la nausée. Coordonné au parfum entêtant des fleurs qui l’entouraient, ce vertige devenait une chute. Une chute vertigineuse qui l’entrainait dans des profondeurs abyssales et si sombres qu’il ne distinguait pas son corps.
Où étaient les roses? Comment en était-il venu à tomber dans un tel précipice de noirceur après cet accès de lumière flamboyante?
Le visage de Florent, lui apparut, et il murmura son nom en tendant la main vers lui pour lui caresser la joue. Mais le mirage disparut aussi vite qu’il était apparu, et il s’écrasa au sol.
Elizia se réveilla en sursaut, la poitrine haletante et le corps couvert de sueur. Il se redressa sur les coudes, encore ébranlé et choqué.
Il se passa une main sur le visage. Quel était ce rêve? Son inconscient cherchait-il à lui transmettre un message? Perplexe, il fronça les sourcils. Il devait sûrement y avoir une explication, ce genre de songe était bien trop étrange pour qu’il ne signifie rien.
Roulant nonchalamment sur le ventre, le jeune homme agrippa les rebords du matelas, et se hissa hors du lit avec précaution, entrainant les draps à sa suite pour couvrir sa nudité. Il grimaça de douleur dès qu’il se baissa pour ramasser un pan du tissu satiné, maudissant son violeur avec une ferveur effrayante pour qui ne le connaissait pas, et chercha ses vêtements du regard.
Sa tunique autrefois si belle et soignée, gisait au sol, déchirée en deux par la poigne du Maître, et son caleçon de soie reposait non-loin du sofa où ronronnait Tessa.
Tout entier absorbé dans ses propres problèmes, il en avait presque oublié l’existence de la panthère qui n’avait pas bougé de place depuis qu’il avait posé le pied dans cette maudite chambre.
Il se sentit rougir à la pensée de ce qu’elle les avait vu, et entendus faire et s’empressa de changer de sujet de réflexion.
Il prit soudain conscience de son odeur, et chercha du regard la salle de bain. Se nettoyer lui ferait le plus grand bien, et l’aiderais sûrement à chasser les idées noires qui lui embrouillaient l’esprit, histoire de réfléchir à sa situation plus clairement.
Raflant son caleçon au passage, il parcouru la pièce à pas lents, actionnant la clenche de chaque porte pour voir ce qu’elles dissimulaient.
Elles étaient toutes fermées à clé.
Il arrivait à la cinquième, lorsque la voix somnolente de la Songeuse s’éleva, paresseuse mais ferme:
- Non petit homme, tu ne dois pas ouvrir cette porte. La pièce que tu cherches se trouve près de la fenêtre au fond de la chambre, près du lit que tu viens de quitter a pas d’éléphants.
Elle gloussa un moment de sa comparaison peu flatteuse.
- Pardonne ma taquinerie, mais tu n’es pas un félin, donc tes pas sont….bruyants. Tous comme ceux de ton espèce, vous ne savez pas être silencieux, car même au plus fort de son règne, votre présence est comme le bruit d’un tremblement de terre. De vrais pachydermes!
Hésitant entre le rire et la perplexité, Elizia choisit de céder aux deux, et sourit largement :
- Jolie comparaison tout à fait véridique. En effet, j’ai fait beaucoup de bruit, car je te pensais profondément endormie et donc sourde, je ferais attention la prochaine fois.
Elle renifla et grogna un assentiment.
- J‘espère bien.
Le jeune homme se détournait de la porte non verrouillée, lorsqu’une question inopinée le fit à presque rire.
- Tessa, comment peux-tu savoir ce que je cherche? D’ailleurs, que cherchais-je?
Le félin daigna ouvrir une paupière lourde de sommeil, pour poser une pupille ovale sur sa personne.
- C’est un test?
Elizia haussa les épaules, une lueur taquine au fond des yeux.
- Je le sais car je te sens, et ce n’est pas fameux. Je sais d’expérience que les humains ont régulièrement besoin de ce qui s’appelle une douche, ou de faire leur toilette si tu préfères. Etant donné l’arôme déplaisant que tu dégages, je pense, par déduction logique, que c‘est précisément ce dont tu as besoin et que cela se trouve tout naturellement dans la salle de bain, et non derrière la porte qui se trouve près de toi.
A mi-chemin entre le rire et l’ébahissement, Elizia s’inclina devant la panthère alanguie.
- Je suis impressionné par tes facultés de déduction.
Elle feula doucement, sa queue battant l’air d’un geste vif.
- Cesse de biaiser, va, tu empestes.
Elizia s’inclina une seconde fois, goguenard.
- A vos ordres ma dame.
Puis se dirigea rapidement vers la porte indiquée par la panthère, se demandant tout de même pourquoi toutes les autres portes de la chambre étaient verrouillées sauf celle qu’il ne devait pas ouvrir. D’ailleurs, que cachait-elle qui ne devait pas être découvert? Était-ce un secret qui menaçait le Maître? Une abomination reléguée dans une pièce quelconque afin d’être oubliée de tous?
Non, se morigéna-t-il, si une quelconque invention inhumaine s’y trouvait pour y être oubliée, le Maître ne l’aurait pas placée dans sa chambre et encore moins derrière une porte non verrouillée!
La tête pleine de nouvelles questions et de perspectives, il entra dans la salle de bain et retira le drap qui le couvrait.
Un miroir, probablement une des multiples répliques de Sorrel, lui faisait face, reflétant dans la psyché une image qu’il n’aurait pas souhaité voir s’il avait pu l’éviter.
Tout son corps était parsemé d’hématomes et de suçons, infâmes marques rougeâtres qui marbraient sa peau, témoins de la violence et de la passion dont son violeur avait fait preuve durant de l’acte de cette nuit d’épouvante.
Ecœuré de voir dans quel état se trouvait son propre corps, Elizia serra les poings et tourna violemment les robinets de la douche, laissant souler sur lui une eau brûlante qui lui ébouillanta la peau, le délestant du même coup d’une douleur émotionnelle, bien vite remplacée par une douleur physique bien plus simple à gérer. Les maux du corps se résolvaient si facilement à l’instar de ceux de l’âme!
Elizia ne parvenait pas à garder l’esprit neutre, à mettre de côté ses sentiments et ses ressentis afin de prendre de la distance sur sa situation et en avoir une meilleur vue d’ensemble. Il ne cessait de repenser à ce que ça vie, son quotidien auraient été, s’il avait tenu tête à sa mère et qu’il était resté au manoir, auprès de Florent et de ses domestiques.
Son cœur battit plus vite.
Il avait rêvé de lui cette nuit, et il avait eu l’impression pendant ce rêve, qu’il s’éloignait de lui, qu’il était en train de le perdre, qu‘ils étaient en train de se perdre.
Un étrange malaise s’étendit en lui, le doute déployant ses tentacules jusqu’aux tréfonds de son âme torturée, injectant son venin dans les recoins les plus secrets de sa conscience : et s’il était arrivé quelque chose à son amant? Que personne ne souhaitait le lui dire? Non, on l’aurait informé de l’incident, ne serait-ce que par respect envers lui et par simple éthique.
Mais alors pourquoi n’avait-il pas de nouvelles de lui? Les élèves de cette école étaient bien en droit de recevoir du courrier de leurs familles, alors pourquoi n’avait-il toujours rien reçu?
Elizia cessa de se savonner, le corps tendu et l’esprit accaparé par la réflexion
Ou alors….Florent l’avait déjà oublié.
C’était fort probable, car libéré du joug de son maître, le jeune écuyer était désormais libre d’aller et venir à sa guise dans le manoir et sur les terres, d’aller conter fleurette aux jouvenceaux encore ignorants de l’amour et ainsi, de se livrer aux ébats de son choix!
Et ce durant trois longues années… Loin du regard de son maître et amant, et donc à l’abri de tout soupçons….
Suffoqué par l’horreur de cette pensée, Elizia secoua violemment la tête, tentant de ramener à la raison le peu d’esprit qu’il possédait encore.
Non, il était indigne de lui de penser une telle chose du jeune homme, car malgré les doutes qui l’assaillaient, il savait, non, il sentait, que jamais Florent ne ferait une chose pareille….
Alors, pourquoi cette absence de nouvelles?
Rinçant ses membres couverts de savon, il referma les robinets et se sécha à l’aide de serviettes moelleuses, l’esprit et le souffle fébrile.
S’il admettait l’hypothèse que Florent n’était pas à l’origine de cette pénurie postale, alors il n’avait que deux autres options.
Soit sa mère interceptait les lettres avant qu’elles ne soient envoyées, soit c’était le Maître qui s’arrangeait pour que rien ne lui parvienne jamais.

Sortant de l’atmosphère humide et enfumée de la salle de bain, Elizia s’avança dans la chambre, hésitant devant la conduite à tenir concernant sa tenue qui ne comportait en tout et pour tout que
son caleçon de soie, sa tunique étant trop abîmée pour être portée. Il se sentait mal à l’aise uniquement vêtu de ce sous-vêtement qui le moulait comme une seconde peau, submergé qu’il était par l’impression de ne rien porter. Non pas qu’il ait honte de son corps, loin de là, mais se promener dans la chambre du Maître dans cette tenue, risquait de lui attirer les regards concupiscents de celui-ci, ainsi que ces humeurs libidineuses. Humeurs qu’Elizia exécrait!
Ayant probablement sentit sa tension, Tessa grogna, la voix lourde de sommeil:
- Couvre-toi avec un drap idiot, ce n’est pas un lieu pour s’exhiber!
Embarrassé de ne pas y avoir pensé avant et de lui-même, le jeune homme saisit un drap sur le lit et le noua autours de son corps, un peu comme une toge dont le tissu était soyeux et chatoyant.
Quelque peu rassuré sur sa passable convenance, Elizia s’allongea sur le lit, les bras croisés sous sa nuque et repris le fil de ses réflexions.
- Tessa?
Elle grogna.
- Peux-tu me dire pourquoi je n’ai pas reçu de nouvelle de chez moi? Cela va faire deux semaines que je suis ici, et aucune lettre ne m’est parvenue, pourquoi?
La bête garda le silence pendant un si long moment qu’Elizia cru qu’elle s’était rendormie.
Il allait répéter sa question, mais elle l’interrompit brusquement.
- Tu ne reçois pas de nouvelles de chez toi parce que personne n’en reçoit jamais. C’est une des règles de cette Académie, pas de nouvelles susceptibles de troubler les élèves et de les détourner de leur objectif. Jamais avant leur diplôme. Jamais de nouvelles de l’extérieur pendant les trois années d’étude.
Ainsi, il avait eu tort sur toute la ligne, toutes ses suspicions et ses soupçons étaient infondés et n’étaient donc qu’élucubrations venimeuses dictées par son manque affectif?
Elizia était sidéré.
- Oh, et comment fait-on pour savoir si nos familles vont bien?
Tessa, se redressa sur son arrière-train, ayant deviné que le baron allait lui poser toute une batterie de questions à laquelle elle serait obligée de répondre, et que par conséquent, dormir lui était exclu.
Elle le fixa de ses pupilles rouges.
- Vous ne pouvez pas.
- Comment ça?
- C’est simple. Vous êtes ici, et eux sont là-bas. Tout ce qui est en dehors de l’Académie n’a pas lieu d’être ici. Ce qui est dehors ne peut entrer, et ce qui est dedans ne peut sortir.
- Mais…c’est impensable! Tu crois qu’il est possible pour des personnes dans notre situation de rester sans nouvelles de ceux qui nous sont chers pendant trois ans?
Tessa continua de l’observer, impassible.
- C’est ainsi, c’est le prix à payer pour ce que tu convoites, une place de choix parmi l’élite du pays.
Elizia se demandait comment il était encore possible qu’il soit en vie, après une telle nouvelle, il lui était quasiment impossible de respirer.
Donc, c’était définitif, l’un comme l’autre, jamais ils ne pourraient avoir de correspondance suivie.
Il n’aurait aucune nouvelle de Florent pour le soutenir et l’encourager pendant ses années dans cette prison de luxure, tout comme il ne pourrait jamais lui signaler son amour et son besoin perpétuel de lui.
Son besoin de son corps, de sa chaleur, de son sourire.

***

- Tu es encore allé trop loin démon!
Lilith, reine des Enfers et Grande Prêtresse des Ténèbres aux Charmes Insondables, se tenait majestueuse, surplombant son fils, le Prince des Limbes et le meilleur amis de celui-ci, un Incube de second rang.
- Pardon Majesté, mais que me reprochez-vous exactement?
Les narines de la reine frémirent et les flammes de l’Enfer crépitèrent au fond de ses pupilles ambrées.
- Ce que je te reproche Incube? La liste est longue! Tu n’es qu’un trouble-fête qui joue les imprudents pour sa gloire personnelle et qui met le secret de notre existence en péril! Tu n’es qu’un minable inconscient de seconde zone qui espère encore, qui rêve à une gloire qui ne te viendra jamais.
Le Maître serra les dents sous l’affront, résistant à l’envie furieuse de provoquer cette dernière dans un duel où il serait à coup sûr défait.
Il siffla, mielleux et sournois:
- Votre présence en ma demeure m’honore, de même que vos compliments sur ma personne qui sonnent tels une mélodie discordante à mes oreilles. Peut-être votre instrument est-il mal accordé? Permettez-moi de vous suggérer quelques notes justes qui égaieraient votre partition et qui vous rappelleraient le sens réel que toute notion de gloire prend en sortant de votre divine bouche. La gloire venant de vous, est dénuée de sens, car il est pour vous signe de passé et d’aigreur. Ne raconte-t-on pas à la Cour, que le roi a pris maîtresse?
Une poigne assassine le propulsa contre le mur opposé, serrant son cou à l’étouffer, accentuant la pression à l’extrême, déterminée à lui briser les os.
Certes, il n’avait pas peur de mourir, mais expirer entre les mains de cette harpie lui déplaisait fortement. Bien que commençant légèrement à s’asphyxier, il admira avec un plaisir sans bornes les corps et le visage de Lilith, qui tremblaient de rage, fier de voir sortir de ses gonds celle qui avait osé l’enchainer sur Terre.
- Par le passé, je t’ai épargné démon, mais à présent, je ne vois pas de raison de te laisser vivre plus longtemps! Je vais te tuer encore et encore, puis te jeter aux flammes de l’Enfer pour te regarder te tordre de douleur jusqu’à la fin des temps!
Le Maître aurait ri à gorge déployée si son souffle ne s’était pas retrouvé coincé dans la cage thoracique du corps humain qu’il occupait.
Il grogna de mécontentement.
Maudit soit le corps humain, trop petit et trop fragile pour quelqu’un de sa dimension!
Voyant que son ami était sur le point d’étouffer, Belzébuth se jeta au sol, implorant la grâce de sa mère.
Aussitôt, le regard et la voix de Lilith devinrent plus doux, plus tendres, plus maternels, c’étaient là des signes d’une mère adoratrice de son enfant, des signes d’une mère qui ne souhaitait qu’une seule chose, que sa progéniture revienne auprès d’elle.
- Bel, que fais-tu encore ici? Pourquoi ne rentres-tu pas avec moi, retrouver ton père et tes frères qui te réclament?
- Mère, je ne rentrerais pas, je vous l’ai déjà dit et je n’ai pas changé d’avis.
Le Maître toussa un peu, et lança une pique:
- Oh, mais je pense que tu devrais lui obéir pour une fois Belzé! Tu dois rentrer, histoire de montrer au Roi des Ténèbres que sa femelle ne lui sert pas à rien! Histoire de montrer qu’elle peut ramener son héritier et qu’il peut chasser sa maîtresse de sa couche! Allez vas-y! Sauve l’honneur de ta mère Héritier!
Suite à cette diatribe, la rage de Lilith enfla jusqu’à devenir meurtrière, et un vent d’une violence inouïe secoua la pièce entière, si ce n’est le château sur ses fondations.
- JE VAIS TE TUER DÉMON DE PACOTILLE, JE VAIS RÉDUIRE TON EXISTENCE DE VER DE TERRE A NÉANT ET ME REPAITRE DU SPECTACLE DE TA DÉCOMPOSITION!!!
Au moment où le Maître sentait les os de son cou se détacher, le Conseiller posa une main crochue sur l’épaule écailleuse mais étrangement pâle de la reine, et lui chuchota d’une voix d’outre-tombe:
- Nous ne sommes pas ici pour cela ma reine, votre mission n’est pas de punir, mais d’avertir. Sa Majesté le roi, m’a envoyé à vos côtés pour réguler votre colère qu’il savait prompt à se déchainer en la présence de cet incube. Ne lui désobéissez pas uniquement par contrariété, ce serait puéril de votre part Altesse.
La colère dévastatrice de la reine retomba d’un seul coup, permettant aux murs de cesser de trembler et au Maître de recommencer à respirer normalement.
- Ah! Méphistophélès, mon ami! Depuis quand ne nous sommes-nous pas vus? Mmmh, quelques millénaires? Tu n’as absolument pas changé, tu es toujours aussi mesuré et froid!
Le concerné toisa l’incube avec répugnance.
- Et toi démon, toujours aussi excentrique et vulgaire! Copuler avec des humains, c’est dans ta nature, soit! Mais les parquer dans ta prison sous ce genre de prétexte immonde, et te servir d’eux comme du bétail….Tu es une honte!
Le Maître haussa les épaules, pas le moins du monde gêné par les propos dédaigneux du Conseiller.
- Sans parler du fait que ta liaison avec cet humain est contre nature! Tu es un incube, par les Limbes! Si tu préfères les mâles, devient succube! Mais il n’est pas tolérable que pareille infamie perdure!
Le Maître éclata de rire, sidéré par le sermon de ce vieux démon complètement dément.
- Seriez-vous tombés sur la tête, Conseiller? Entendez-vous le discours moralisateur que vous me servez? Auriez-vous oublié les créatures que nous sommes? Par tous les diables de l’Enfer, nous sommes des démons! Des êtres malfaisants, dénués de sens moraux et logiques! Nous sommes des bêtes vicieuses, perverses et retorses! Nous n’avons pas de compassion envers notre prochain, et nous n’avons que faire des règles! Nous haïssons sans retenue et nous servons à l’envie! Nous possédons, saccageons, tuons, massacrons! Notre seul but est de posséder ce que Dieu nous refuse! Les humains et le Paradis! Alors cessez de me resservir ce ramassis de bontés indignes de vous et repartez d’où vous venez!
Les yeux de la reine flamboyèrent, et sa voix était méconnaissable. Grave et rocailleuse, elle s’enroula autours de lui, tel le serpent autour de la cheville d’Eve dans le jardin d’Eden.
- Nous sommes venus te prévenir démon. Ta conduite désinvolte menace notre monde, et déshonore ta caste déjà affaiblie. Certes, quelques humains soupçonnent notre existence, d’autres la nient, mais tu leur offre par tes lubies la possibilité de nous découvrir réellement, et cela ne peut être toléré!
D’autant plus que tes agissements contre-nature avec l’humain nommé Von Waldorf bouleversent les règles et l’ordre établis. Il est vrai que notre nature démoniaque ne nous dote pas de ce que les humains appellent la moralité, mais nous savons qu’il nous faut à tout prix garder l’équilibre du monde tel qu’il est actuellement car notre survie en dépend. Mais tu le trouble.
Lilith se tu, laissant planer une étrange atmosphère dans l’immense bureau du Maître, puis le Conseiller prit de nouveau la parole, le regard éteint et un sourire en coin étirant les lèvres de sa gueule pleine de crocs aiguisés.
- Tu seras jugé en fonction de tes fautes, mais en attendant, tu as une chance d’éviter cette comparution devant le roi et sa Cour. Si d’ici trois lunes, tu n’es pas revenu à ta situation initiale, autrement dit à celle d’un prisonnier enfermé pour tentative d’usurpation du trône, plus aucune échappatoire ne te sera accordée et tu seras condamné à mort.
Le Maître se raidit à cette annonce lugubre, et quelque part dans les profondeurs de la pièce, les Eléments s’agitèrent dans leurs cocons réparateurs, pressentant l‘imminence du danger.

 

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E
\o/ Un Putsch *^* la vache c'est de plus en plus complexe et mené de main de maitre <3 ( merci d'être passé sur mon blog ^^ )
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H
* trop éblouit par l’éclat rougoyant des roses. >>> elle est belle cette phrase ! * elle est super intelligente Tessa XD j'aime (ps : ma nièce s'appelle Tessa) * se demandant tout de même pourquoi toutes les autres portes de la chambre étaient verrouillées sauf celle qu’il ne devait pas ouvrir >>> c'est pour mieux te tenter mon enfant ! * il avait eu l’impression pendant ce rêve, qu’il s’éloignait de lui, qu’il était en train de le perdre, qu‘ils étaient en train de se perdre. >>> fais gaffe à toi !!!!! * un peu comme une toge dont le tissu était soyeux et chatoyant. >>> à la grecque ! * Ainsi, il avait eu tord sur toute la ligne, toutes ses suspicions et ses soupçons étaient infondés et n’étaient donc qu’élucubrations venimeuses dictées par son manque affectif? >>> mais oui roh !!! arrêtes de te faire des films quoi :o y'a pire en ce moment >< * omggggg jsuis trop à fond dedaaaaaaans Oo bah d'accord j'étais tellement à fond dedans que j'ai fini le chapitre sans m'en rendre compte XD BON la suite
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H
J'ai passé de bons moments cette semaine avec ta fic ^^ Aujourd'hui je vois mieux (hier à cause de la piscine je voyais tout floue :') alors j'ai vraiment dégusté les deux chapitres que j'ai lu Le problème c'est que : c'est tellement bon que j'y pense pendant la journée >< Et comme je n'emporte plus ma psp avec moi je ne peux pas lire pendant ma pause ou dans le train -_- C'est pas plus mal : je ne voulais pas prendre trop d'avance non plus ^^" Bon là c'est parfait, il est temps d'aller se coucher ^^ Quoi que... Il faut que je lise un peu 'Une vie pour Tara' lol Bonne nuit ! Bisous Cousine ^^ PS : il n'y a pas beaucoup de com ? C'est normal, c'est parce que je suis trop à fond dedans XD
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I
Bonjour! Je lis tes chapitres depuis quelques temps et je dois t'avouer que je suis tombée sous le charme de tes histoires. J'apprécie particulièrement tes petits commentaires avant chaque nouveau chapitre, merci de penser à tes lecteurs! Sinon, je suis impressionnée par ton style d'écriture, il est vraiment fluide et poétique, ta structure bien solide et tu utilises un vocabulaire élaboré... Jusqu'à pésente, tes fictions sont celles que je préfère. Encore bravo!
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L
Alors franchement moi j'ai adoré ce chapitre, la 2ème partie surtout! ^^ Ça nous en apprend un peu plus sur "le maître" et ça change de la narration habituelle, j'aime beaucoup! Il m'a pris du temps à lire mais je regrette pas du tout! Ça s'annonce fort bien, ça me ferait marrer que le maître meurt histoire de voir la merde que ça foutrait dans l'école et tout
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