Les jours suivant cette découverte et la mise en place de son plan, Elizia ne perdit pas de vue le couple formé par Adonis et Florent.
En prévision, il avait emporté avec lui, un bout du Miroir qu’il avait brisé à l’aide d’un objet quelconque, et qui ne le quittait jamais. Son regard n’en déviait pas pendant les cours, encore moins à table, et plus du tout lorsqu’il était dans sa chambre. Au fil des jours, il ne faisait plus rien d’autre que de fixer le bout de Miroir et à travers lui, le couple contre-nature, négligeant ses devoirs au point de s’en faire faire la remarque par ses professeurs, et délaissant ses amies qui elles aussi, ne tarissaient pas de reproches.
Plusieurs semaines s’écoulèrent à ce régime, mais ses efforts finirent par payer.
Par un pluvieux matin d’hiver, alors que les nuages et les éclairs s’amoncelaient dans le ciel, Elizia s’éveilla en sursaut. Il venait de faire un cauchemar particulièrement réaliste, et il se sentait très agité, presque furieux. Le sang battant à ses tempes, il tenta d’éliminer le brouillard qui embrumait son esprit, et de recouvrer un rythme respiratoire beaucoup plus lent, histoire de rassurer le « bébé » qu’il sentait vivement bouger dans son ventre.
Plus tard, en s’habillant devant le miroir, il observa sa silhouette déformée par la Conception. Le regard presque attendrit, il passa une main fébrile sur son ventre arrondis, caressant du bout des doigts cette partie de lui qui enfermait un être si hors de l’ordinaire. Mais alors qu’il s’apprêtait à laisser retomber le pan de sa tunique sur son abdomen, il aperçut un étrange mouvement s’effectuer à la périphérie de son regard. Se penchant sur le Miroir jusqu’à le toucher, il scruta l’image que celui-ci lui renvoyait.
Son esprit mit plusieurs secondes avant de comprendre le message que ses yeux lui envoyaient.
Quelque chose dans la Chambre Bleue avait changé : Adonis n’y était plus!
Soudainement fébrile, Elizia senti ses mains se couvrir d’une moiteur atroce. L’angoisse et la peur faisaient trembler ses jambes sans discontinuer, mais pourtant il lui fallait se mettre à bouger dès maintenant s’il voulait profiter de cette opportunité inespérée!
Le bébé donna un coup de pied contre son ventre, comme pour l’encourager. Alors prenant une longue inspiration, Elizia ferma les yeux pour mieux visualiser le lieu où il souhaiter aller, et murmura doucement:
- Sorrel, amène-moi dans la Chambre Bleue!
***
Le transfert ne fut ni agréable, ni particulièrement douloureux. Mais imprégna le jeune homme d’une désagréable sensation de malaise, comme celle que laissait la sensation d’avoir oublié quelque chose de fondamentalement important sans parvenir à se souvenir de quoi il s’agissait.
Sorrel l’avait « déposé » en plein milieu de la chambre, entre un lit gigantesque et une baie vitrée tout aussi immense. La lumière entrait à flot, et illuminait de façon presque aveuglante la moindre parcelle bleutée de la pièce.
Quelque peu intimidé malgré son impatience, le brun parcouru lentement du regard l’espace peu aménagé : les murs déclinés de toutes les nuances de bleu possibles et imaginables, le lit couvert de tissus vaporeux, une petite table servant visiblement pour les repas - qu’à son avis seul Florent devait prendre, une ottomane placée près des fenêtres et une petite pièce placée à l’écart, devant certainement être la salle de bain…et d’où s’échappaient des bruits mouillés.
Quelqu’un occupait cette salle de bain.
Et ça ne pouvait être que Florent.
Déglutissant à grand peine, Elizia tenta de prendre une inspiration - tremblante - avant de rassembler tout son courage, et de s’avancer vers la porte, main tendue vers la poignée.
Fou de joie, mais également de terreur, il ne parvenait pas à renflouer le flot de questions et de doutes qui l’assaillait : Comment va-t-il réagir? Allons-nous tomber dans les bras l’un de l’autre comme auparavant, ou alors rester face-à-face sans rien oser nous dire? Devrais-je commencer à parler le premier, ou faut-il que je le laisse commencer? Et comment vais-je lui expliquer mon état? Sera-t-il dégoûté? Bien sûr qu’il le sera! Mais autrement? Que faire s’il ne l’est pas? Et si…
Toutes ses questions s’évanouirent à l’instant où la porte s’ouvrit.
Sa main venait à peine d’enserrer la poignée, mais Florent l’avait faite tourner avant lui, et c’est face-à-face qu’ils se retrouvèrent, la bouche grande ouverte et les yeux écarquillés.
Florent semblait être tout droit sorti de la douche, et la vision de son corps nu et encore luisant d’eau fit jaillir de nombreux souvenirs incluant des nuits torrides et romantiques au bord d’un lac ou dans leurs salle de bain, à faire l’amour avec passion dans une eau rendue mousseuse par leurs ébats.
Plusieurs secondes s’écoulèrent avant que l’un et l’autre ne puisse prononcer la moindre syllabe. Ils avaient tant de choses à se dire, et si peu de temps pour le faire!
Les larmes vinrent aux yeux d’Elizia en voyant le visage de son tendre amour. Ses cheveux étaient toujours aussi blonds et fins. Ses yeux vibrant d’un vert toujours si lumineux et perçant. Sa peau de lait semblait être toujours aussi douce au toucher. Mais l’innocence et la gaieté avaient déserté son sourire et son regard, et les cicatrices - petites et peu nombreuses cela-dit - parcouraient son corps comme des épines sur la tige d’une rose. Qui lui avait donc fait ça?
Il avait tant changé, tant mûri! Jamais pareille expression n’avait entamé sa physionomie si juvénile, et le brun se rendait compte avec douleur que lui aussi était passé par de terribles épreuves.
Plongeant son regard dans celui tout aussi embrumé du blond, Elizia vit qu’il partageait la même vision à propos de lui. Il le voyait tel qu’il était : porteur d’un être contre-nature, souillé et brisé. Mais à son plus grand soulagement, il n’y décela ni horreur ni dégoût, juste un amour insondable qui n’avait jamais trouvé de fin, et un soulagement infini d’avoir enfin retrouvé l‘homme qu‘il aimait plus que tout.
- Mon amour…
Le premier mot avait finalement été dit, mais aucun des deux n’aurait pu ou su dire par qui il avait été prononcé.
La première caresse de leurs mains sur leurs visages entraina la rencontre de leurs lèvres qui s’unirent dans un même mouvement. Cette étreinte fut lente, douce, délicieuse et terriblement libératrice. Se joignirent à elle, les larmes. De bonheur, de soulagement, d’abdication et de réjouissance.
Ce bouquet de sensation fût si puissant que le couple se laissa tomber à genoux, s’embrassant avec de plus en plus de passion à même le sol, se jurant en silence des mots d’amour dans un langage qu’eux seuls pouvaient comprendre.
Leurs mains caressaient leurs corps - nu pour Florent, encore vêtu de sa tunique pour Elizia -, la fièvre et le manque les faisant gémir de plaisir. L’un comme l’autre étaient déjà durs de désir, et les vêtements du brun finirent rapidement au sol. Mais soudain Elizia eut un geste de pudeur qui trahit son malaise et la honte qu’il avait de son état. Recroquevillé comme un insecte, il entoura son corps de ses bras, et s’éloigna le plus possible de Florent, tachant de cacher son ventre rebondit par l’enfant qu’il sentait sans cesse bouger en lui.
- Je…Pardon mon amour, mais je ne peux pas.
Blessé, Florent tenta de s’approcher de lui, mais s’immobilisa quand le brun recula.
- Tu ne peux pas quoi?
Elizia baissa les yeux.
- Tu vois de quoi j’ai l’air? Suis-je encore un homme à tes yeux? Florent, nous ne sommes plus qui nous étions! Il y a six mois, je t’aurais saisit sans douceur pour te faire l’amour jusqu’au petit jour! Mais maintenant, regarde-moi! Je ne suis plus que l’ombre de moi-même! J’ai été réduit à moins qu’humain! Tu ne mérites pas qu’un être tel que moi pose la main sur toi. Je ne te mérite pas. Alors je…Je suis désolé, mais je…Je ne peux plus te faire l’amour.
Sidéré, Florent considéra son ancien maitre d’un regard dur, un pli amer barrant le dessin de sa bouche autrefois si rieur.
- Crois-tu être le seul à avoir été souillé? Moi non plus je n’ai rien fait de salutaire ou d’honnête! Tu portes l’enfant d’un démon, qu’importe! Moi je suis bien devenu l’esclave sexuel d’un Pantin! Il y a quelques semaines, je priais pour éviter qu’il ne me touche, à présent, je supplie qu’il me prenne! Alors d’après toi, qui est le plus impur de nous deux?
Il fit une pause afin de réduire la distance qu’Elizia avait imposée entre eux, et ce ne fût qu’une fois assis en face de lui qu’il reprit d’une voix plus douce:
- Et depuis quand es-tu devenu si vulnérable, si abattu? Où sont donc parti la volonté de fer, la légendaire fierté, et l’entêtement sans failles que je t’ai toujours connu? La loque que j’ai devant moi n’est pas l’Elizia Von Waldorf que j’ai rencontré et dont je suis tombé follement amoureux dès le premier regard! Rend-moi le vrai Elie, celui que j’aime et qui me fait vibrer depuis le premier jour de notre rencontre! Je t’en supplie, j’en ai tant besoin!
Malgré lui, Elie eut un choc. Manifestement, Florent n’avait pas subi de changement que d’un point de vu physique, mais également à un niveau psychologique! Il était bien plus mature qu’à l’époque où ils vivaient au manoir, et bien plus autoritaire et cynique aussi. Mais bien que ce discours fût pour lui l’un des plus beaux qu’il ait jamais entendu de toute son existence, il ressentait tout de même un petit pincement au cœur. Son innocence s’était définitivement évaporée, et la maturité qui teintait ses paroles pénétrait en lui comme un baume réparateur, délicieux, chaud et réconfortant. Rétablissant en lui sa fierté, soignant son amour-propre par trop de fois blessé et remettant sur pied la combattivité qu’il avait cru avoir perdu tant de fois déjà.
Emu jusqu’aux tréfonds de son âme, Elizia Von Waldorf leva les yeux vers le blond et murmura d’une voix rauque:
- Seigneur, comment ai-je pu vivre sans toi jusqu’à présent?
Florent lui rendit son regard avec amour, une main tendrement posée sur sa joue.
- Tu as vécu de la même façon que je l’ai fait: en pensant constamment à nous deux et à la perspective de sortir un jour d’ici en un seul morceau. Maintenant laisse-toi faire, ne te soucie de rien, je m’occupe de tout.
- Florent non! Attend…
- Chut…
Elizia se senti doucement poussé vers l’arrière, et tenta de résister. Mais Florent avait d’avantage de motivation que lui, et il cessa bientôt de lutter lorsqu’il comprit que la flamme dans ses yeux verts ne pourrait pas s’éteindre autrement que par ce qu’il désirait à cet instant : faire l’amour avec lui.
- J’ai envie de toi Elizia, ne me prive pas de ça alors que tu en as autant envie que moi, tu n’as pas ce droit…
Dieu qu’il avait raison! Mais le brun se sentait si embarrassé! Allongé ainsi au sol, il exposait son ventre nu et gonflé aux regards affamés du blond, et il avait si peur que cela ne le dégoûte!
Glissant sur son corps avec une incroyable sensualité, le plus jeune mordilla son oreille et susurra:
- Dans mon esprit et mon cœur tu es toujours cet homme brun et ténébreux, merveilleusement fort et intelligent, doté d’une confiance en lui inébranlable. Peu importe ce que ce démon t’as fait, pour moi rien a changé. Je t’aime toujours autant, et tu m’excites plus que jamais.
Vaincu, Elizia se laissa faire, savourant avec délices la chaleur de la bouche de son amant sur ses lèvres, sur son torse, et sur son sexe durci. Ils allèrent délibérément lentement, comme d’un commun accord, appréciant chaque seconde passée ensemble avec un plaisir inouï.
La jouissance du brun arriva sans prévenir, mais Florent pris soin de ne rien en perdre, sa gourmandise n’atteignant aucune borne.
Au-delà de la simple satisfaction physique, ils flottaient sur un petit nuage de plaisir sans limite, apaisant la faim discontinue de tous leurs sens. Mais ce monde de coton s’évanouit lorsque, s’accroupissant au-dessus d’Elizia, Florent voulu s’empaler sur son membre à nouveau gonflé.
Mais il ne pouvait tout simplement pas le faire.
Inquiet de cet arrêt soudain, le brun se redressa sur un coude.
- Qu’est-ce qu’il se passe? Quelque chose ne va pas?
Florent lui jeta un regard brûlant.
- Je ne sais pas. On dirait que quelque chose ou quelqu’un m’empêche d’aller plus loin. Tu ne ressens rien toi?
Pendant un instant, ils essayèrent différentes positions, pour finalement tomber d’accord sur un point : il leur était physiquement impossible d’aller plus loin que de simples caresses.
- C’est étrange, on dirait qu’une barrière est dressée entre nous.
- C’est d’un frustrant!
Elizia se retint de rire. La réaction de Florent était si enfantine! Elle lui rappelait le Florent d’avant, qui souriait et riait de tout.
Avisant le lit, il proposa qu’ils s’y lovent, histoire de compenser leur tentative sexuelle avortée par des câlins sous la couette. Florent accepta, trop content de pouvoir se coller à l’homme qu’il aimait plus que tout, mais voulu d’abord changer les draps : il refusait catégoriquement qu’Elizia et lui se couchent sur les mêmes tissu où Adonis l’avait violé!
Durant l’opération, tous deux se racontèrent leur histoire. Elizia relatant son arrivée dans l’école et des conditions et de vie et d‘étude, sa première rencontre avec le Maître, du pacte qui liait sa mère, son père, le Maître et lui-même, ses harcèlements et ses viols, l’histoire de la Création du Monde, sans oublier les Eléments et leurs porteurs. Il parla également de Sorrel et de l’une de ses différentes fonctions qui lui avait permis de se transporter jusqu‘ici, du rôle des Pantins ainsi que la scène de rejet qu’il avait vu se dérouler entre le Maître et Adonis, de l’existence d’une entité prénommée Paélia et d’un monde appelé le Mondrose, des desseins du Maître à son égard et du pourquoi de son état sans oublier un seul détail.
Florent ne commença son récit qu’une fois qu’ils furent allongés sous les draps, collés l’un a l’autre comme les deux moitiés d’un même objet. Il lui parla d’abord de la solitude qu’il avait ressenti lors de son départ du manoir, puis son enlèvement et les conditions dégradantes de sa captivité dans les cachots de l’école, les évènements qui l‘avaient conduit à sa position actuelle d‘esclave sexuel d‘Adonis, sa rencontre avec Tessa et les conditions de son sauvetage lors de l’attaque du Léviathan. Il lui parla également de Paélia et de sa première rencontre avec elle, et lui révéla les plan finaux du Maître à propos des élèves de cette prison, ainsi que la raison pour laquelle le Maître empêchait quiconque de sortir une fois la nuit tombée.
Faire leurs récits respectifs avait pris plus de deux heures, mais au moins, ils savaient tout.
Blotti entre les bras nus du brun, le blond demanda, la voix ensommeillée :
- Et les rêves? N’en as-tu pas fait? Moi je n’arrêtais pas de faire des songes étranges, où toi et moi faisions l’amour dans un champ de roses, avant d’être séparés par un gouffre où nous tombions sans discontinuer jusqu’à nous perdre dans l’obscurité la plus totale…
Elizia déposa un baiser sur son front avant de répondre.
- Moi aussi mon cœur je faisais les mêmes rêves...
***
- Je vous attendais.
Elizia et Florent se retournèrent vivement à l‘entente de cette voix mélodieuse. Leur corps minuscules faisaient face à une lune gigantesque lune argentée et brillante, tout aussi spectaculaire que le champ de roses qui s’étendait sous leurs pieds.
Ils se trouvaient dans le Mondrose.
- Vous nous attendiez?
Paélia, divine et majestueuse, leur adressa un étrange signe de tête, mais ne répondit pas à la question de Florent.
- Je vois que vous êtes parvenus à vous retrouver. C’est bien. Le courage de deux est bien plus fort que celui d’un. Avez-vous trouvé son nom?
Les deux jeunes hommes se regardèrent, gênés. Ils avaient oublié cette partie de leur mission.
Encore une fois, Florent se risqua à répondre.
- Oui et non Dame Paélia. Le Maître s’est présenté comme se nommant Idalgo, mais je doute que ce soit cela que vous cherchiez.
Bien que cela ne soit pas visible pour un œil humain, le brun eut l’impression qu’elle plissait les yeux d’un air mécontent. D’autant plus qu’elle semblait le détailler de haut en bas avec une répulsion palpable.
- En effet, ce n’est pas ce que j’attendais. Finalement, confier ce genre de travail à des humains, n’est pas recommandé, mais à qui d’autre de fiable puis-je m’adresser? Je n’ai que vous! D’ailleurs, humain, je vois que tu portes en toi une infamie! La honte doit te cuire n’est-ce pas? Ne souhaites-tu pas ardemment en être débarrassé?
Cette question fût comme la chute d’une pierre dans l’estomac d’Elizia : voulait-il être débarrassé de ce qui lui causait tant de honte?
N’était-ce pas ce qu’il avait tant souhaité ces dernières semaines? Pouvoir se défaire de ce fardeau anormal? Alors maintenant qu’il en avait enfin l’occasion, qu’allait-il faire? Accepter ou refuser?
Mais avant qu’il ne puisse répondre, il vit Florent s’interposer entre lui et Paélia, formant à lui seul une bien fragile et mince barrière.
- Vous êtes peut-être infiniment puissante Dame Paélia, mais vous ne pouvez décider de la vie d’un enfant!
- Cette créature n’est pas un enfant ordinaire, elle n’a rien d’humain. Elle doit être détruite, pour le bien de l’humanité.
- Bien sûr que si elle est humaine! Enfin, juste en partie, mais elle l’est! Et elle fait partie d’Elizia tout comme il fait partie d’elle! On ne peut la détruire elle sans le détruire lui!
Elizia se senti chanceler. Depuis quand Florent pensait-il cela de lui? C’était inimaginable! Et lui qui croyait bien faire en se fustigeant!
Mais il avait raison, cet enfant, bien qu’en partie démoniaque, était également une partie de lui, et il se devait de l’accepter. C’était maintenant ou jamais.
- Je refuse.
Un silence de mort suivit sa réplique. Mais il prit une grande inspiration et répéta:
- Je refuse. Il est hors de question que vous touchiez à mon enfant.
La Gardienne ne dit rien pendant un moment qui leur paru interminable leur coupant partiellement le souffle. Puis la tension qu’elle faisait planer dans l’air s’atténua peu à peu, leur permettant de respirer un peu mieux.
- Réalises-tu toute la portée de ta décision humain?
Le regard dur, le brun enserra dans sa main, celle du blond, lui transmettant sa force par ce contact unique.
- Oui je la réalise, et je me porterai entièrement responsable des conséquences. Cet enfant est le nôtre.
- Très bien. Alors je vous renvoi, avec pour but cette mission très claire cette fois-ci : rapportez-moi le nom de ce démon ou votre enfant ne verra jamais le jour. Il en va de votre survie.
Elizia s’avança d’un pas.
- Nous trouverons son nom, mais par pitié, accordez-nous une faveur! Brisez les liens qui nous enchainent à eux! Rendez-nous à nouveau libres de nos mouvements!
Un vent de compassion les enroba suite à cette supplique, suivit d’un sentiment de déception si intense qu’il les fit chanceler.
- Je vous trouve bien prétentieux. Me demander des faveurs alors que vous ne m’apportez que du vide… Pauvres petits hommes, je vous aurait bien délivré de vos fardeaux si cela avait été en mon pouvoir, mais les sorts ne peuvent être défaits que par ceux qui les lancent, je ne vous suis donc d’aucune utilité. Néanmoins, je peux passer un marché avec vous. Si vous m’apportez le nom réel de ce démon incube, alors je délivrerai Adonis de sa condition de Pantin de Luxure, ce qui rendra sa liberté à Florent. Cela vous convient-il?
Cette proposition de libération partielle était plus qu’ils n’avaient osé espérer, et il s’empressèrent d’accepter.
- Alors marché conclu. Mais je vous préviens, à la lune suivante, je veux une réponse.
Ils avaient donc un mois.
Et ils n’avaient pas intérêt à trainer!
***
Lorsque Elizia se réveilla, se fut aux bruits de sussions.
Florent lui baisait tendrement le corps, éveillant ses sens endormis d’une façon si agréable qu’il senti ses membres se détendre instantanément. Ses caresses sur son sexe étaient délicieuses, et il durci lentement dans sa main jusqu’à atteindre l’orgasme.
Ses soupirs de plaisir attirèrent l’attention du jeune homme qui se redressa pour mieux fixer ses émeraudes dans ses onyx, échangeant avec lui un message amoureux connu d’eux seuls.
- J’adore quand tu me réveilles comme ça…Huuum!
Florent étouffa un rire.
- Oui, et moi j’adore te réveiller comme ça mon amour…
Puis il l’embrassa.
Et les portes de la chambre s’ouvrirent avec fracas, les faisant sursauter tous les deux. Mais d’un bond, Florent fut à genoux sur le lit, et fixa le nouveau venu d’un regard triomphant.
Adonis se trouvait juste devant l’entrée de la chambre, la colère défigurant la beauté de ses traits, les poings sur les hanches et les cheveux en bataille.
Il était absolument hors de lui, complètement furieux et fou de rage. Mais Florent riait à gorge déployée!