« Monsieur Von Waldorf mis à part - car pour lui, mes employés ont volontairement dévoilé leur identité afin qu’il ne soit pas en reste -, sachez messieurs que votre nature particulière vous permet de distinguer les phénomènes magiques ainsi que la véritable nature de chaque chose…».
Pourquoi alors se trouvait-il donc cette pièce s’il n’était qu’un humain ordinaire?
N’ayant visiblement pas perçut l’information sous-entendue, William allait soulever le fait qu'ils étaient quatre et non cinq. Mais presque aussitôt, il se ravisa, peu désireux de subir la même punition que ses camarades.
Cependant, le Maître remarqua tout de même sa manœuvre.
- Sage décision Ferguson. En effet, comme le pensait si justement votre camarade, vous êtes effectivement cinq et non quatre. Mais vous demander quel est le Pouvoir du cinquième n'a d'importance que pour le concerné, je ne transmettrai cette information qu'à lui.
Voilà donc sa réponse.
Les mains jointes derrière son dos, le Maître continuait d'arpenter la pièce, ses pas frôlant doucement le sol.
- Une fois par semaine, je vous appellerai par Transmission grâce à Sorrel, mon Miroir de Vérité. Il est indestructible, véridique et omniprésent, y compris dans vos chambres. Il me révèle ce que je veux voir et savoir de vos activités, mais il n’est qu’un outil pratique dont je peux aisément me passer. Si vous tentez de le briser ou de le masquer sous un tissu, je le saurais, même sans son intervention. Vouloir s’enfuir d’ici ou échapper à mon contrôle est également inutile. Ne perdez pas votre temps à essayer de me duper : je peux lire en vous comme dans un livre ouvert.
Ainsi ils étaient faits prisonniers!
Révolté, Elizia serra les poings. Il avait été livré entre les mains d’une créature folle à lier qui se targuait de les maintenir en son pouvoir et délirait sur les improbables aptitudes surnaturelles qu‘ils étaient censés avoir! Depuis quand, lui, Elizia Von Waldorf, était doué de capacités non humaines?
Toute cette histoire n’était que pure folie.
Il fallait absolument qu’il trouve le moyen de s’en aller d’ici et vite. Il refusait de rester emprisonné dans cet endroit malsain encore une minute de plus!
- Dois-je comprendre que mon sens de l’hospitalité vous insatisfait Elizia Von Waldorf?
Un long frisson de volupté non désiré, le parcouru. Comment pouvait-on prononcer un prénom avec tant d’érotisme?
- Je ne dirai pas qu‘elle m‘insatisfait non. Mais être emprisonné ici, sous prétexte que je pourrais posséder des pouvoirs magiques, n’est pas pour ce quoi que j‘ai signé… Maître.
L’homme maqué eut un petit rire malsain.
- Personne n’a signé quoi que ce soit si mes souvenirs sont bons…
Sa répartie l’amusait sans aucun doute beaucoup, mais le baron n’avait pas envie de rire. Ses compagnons sentaient bien sa colère et l’avertissaient du regard, le suppliant de ne pas énerver leur geôlier, mais il refusait de se laisser faire. Sa liberté lui appartenait, et personne n’avait le droit de la lui prendre. Il n’était pas de ceux qui s’aplatissaient en attendant que la tempête passe, mais qui faisaient en sorte qu’elle aille se produire ailleurs.
- Laissez-moi m’en aller. Je n’ai rien à faire ici.
Un silence glacial s’abattit soudain sur les occupants de la pièce, frigorifiant les corps déjà tremblants de peur. Faisant alors volte-face, le Maître braqua sur lui ses prunelles bleues où dansait une lueur menaçante.
- Vous souhaitez vous en aller?
Le pas lent, il s’avança résolument vers le baron - qui sentit une sueur froide lui couler le long du dos -, et se pencha sur lui, collant ses lèvres tout contre son oreille afin que lui seul puisse l'entendre :
- On dirait que je ne t'ai pas assez puni Elie. Tu n’as donc pas compris qu’ici je suis celui qui décide?
Où avait-il déjà entendu ce murmure? Cette façon si spéciale de prononcer son prénom? Cette attitude rigide et provocante lui rappelait vaguement quelqu’un, mais il lui était impossible de mettre le doigt sur ce souvenir.
Le tourbillon de ses pensées s’évanouit brusquement lorsque quelque chose d’humide lui effleura le lobe, le faisant trembler de la tête aux pieds.
- Je vais t’apprendre à obéir Von Waldorf, que tu le veuilles ou non…
La langue moite continua ses caresses jusque sous son oreille, et une main gantée s’infiltra adroitement dans son pantalon, saisissant son membre déjà tendu de désir depuis des heures.
- Non! Pas ici! Pas…encore…Par…pitié…
- Si Elie, dit-il encore contre sa joue. Tu n’as pas appris la leçon. Alors je vais recommencer jusqu’à ce que tu comprennes enfin.
Immobilisé sur son siège par une force invisible, je jeune homme ne parvenait pas à se libérer de cette emprise humiliante. Comment, diable, cet homme connaissait-il le surnom que lui donnait Florent? C’était à n’y plus rien comprendre!
- Je sais tout de toi petit homme, souviens-t-en.
Mortifié, Elizia sentit les regards pleins de pitié de William, Norman, Daniel et Gauthier glisser sur son corps exposé et détailler avec une curiosité morbide, la scène qui l’humiliait. Qu’ils l’observent ainsi sans rien faire ni rien dire alimenta sa colère d’une fureur meurtrière.
- Arrêtez ça! Tout de suite! S’il…S’il vous plait, arrêtez cela!
- Supplie-moi Elie; Supplie-moi longuement d’abord et peut-être, peut-être que j’arrêterai…
Les mouvements de la main s’intensifièrent autour du phallus déjà humide, les aspérités du gant sur la peau délicate si prononcées que le plaisir en était décuplé. Incapable de résister à une telle vague de plaisir et à cette façon de murmurer qui aiguisait ses sens déjà échauffés, Elizia se cambra et se tortilla sous son bourreau, cherchant à lui échapper par tous les moyens.
- Tu es si beau, si sensible à mon toucher… Une simple caresse de ma main et vois dans quel état tu te trouves… Quelle réaction auras-tu si je mets un doigt ici?
Sans prévenir, une seconde main s’ajouta dans le pantalon du baron, et se dirigea directement vers son intimité vierge de toute intrusion. Un cri étranglé s’échappa de sa gorge lorsqu’un doigt frotta doucement mais fermement contre l’entrée, produisant comme une flèche de plaisir dans son ventre.
- Quelle sensibilité… Vraiment délicieux. J’en déduis que personne ne t’as jamais pris à cet endroit. Comme c’est touchant. Tu es donc un dominant endurant, ce qui est très bien en temps normal. Mais malheureusement pour toi, pour ce qui nous concerne, cette qualité sera un handicap. Je ressens bien ton besoin de jouissance, alors voici ta seconde leçon Elie : si tu désires tant la délivrance, accorde-la-toi devant tes camarades…ou abstiens-toi.
Les yeux d’Elizia s’écarquillèrent lorsque sur une dernière caresse, les mains de l’homme masqué se retirèrent de son pantalon. Choqué et haletant, il bafouilla :
- Qu’est-ce que…Pourquoi vous… Mais qu’est-ce qui vous prend de vous arrêter aussi brutalement! Vous savez à quel point c’est douloureux?
Le Maître s'était redressé et le dominait à présent de toute sa hauteur, Elizia pouvait presque deviner le petit sourire railleur se refléter dans ces yeux incroyablement bleus.
- C’est le concept même de la punition Von Waldorf.
S'adressant alors aux cinq étudiants, il ordonna, cynique :
- A présent retournez dans vos chambres. J’en ai terminé avec vous.
A ces mots, l’entrée d’un couloir apparut, se creusant directement dans le mur près d’une étagère.
Se levant difficilement de son siège, Elizia, le regard emplit de haine et le bas-ventre en feu, vociféra :
- Je ne sais pas qui vous êtes, ni comment je vais m’y prendre, mais je vous tuerais! Et vous paierez pour toutes les fois où vous avez bafoué mon honneur!
***
Tandis que Cèlüè le regardait s’éloigner d‘un pas raide, un petit ricanement s’échappa de dessous le masque blanc, voilant sa voix sensuelle de mépris.
- Adresse-moi toutes les menaces que tu veux petit homme, mais tu ne seras jamais de taille à te battre contre moi. J’ai gagné, et tu as perdu.