
« Ah, ce type barbu qui appuie son gros ventre sur la barre du métro et donc sur ma main. Ne voit-il pas qu’il me blesse? Ah, et cette odeur d’orange qui empeste! Emplis mes narines et assombris mon humeur! »
« Ils sont bavards ces chinois. Assis derrière moi, juste derrière moi dans le métro, deux asiatiques poivre et sel papotent et babillent. Chantonnant comme les oiseaux sur une branche. Sauf que leurs pépiements n’ont rien d’harmonieux et de plaisant. Ils sont irritants. Ils m’agacent. Et malgré mes écouteurs, je me fait l’effet du hibou voisin des compères pépieurs. Excédé de ne pouvoir dormir le jour à cause de ces trouble-fête. Ou devrais-je plutôt dire, trouble-sommeil. »
« Oui le voilà qui se dandine ce gros dindon! La démarche bedonnante, la cinquantaine plongeante, George n’a qu’une idée en tête : éradiquer ce fichu bouton! Que dit-il? Un bouton! C’est une verrue! Une horripilante et affreuse verrue, affolante de par son apparence et absolument ignoble! La face noirâtre, la tête velue du duvet du visage, et couverte d’affreux poils drus pour cheveux, cette immonde verrue hante sans arrêt ses cauchemars. Il rêve souvent qu’il arrache le poireau pas encore bien mûr de la terre nourricière qu’est son épiderme. Qu’il le fait à pleines mains et sans aucun remord, jamais. Il l’attrape par les cheveux et le hisse hors de lui. Extirpant bientôt la tête et le corps jusqu’aux racines. Hurlant sa victoire illusoire comme un damné. Pauvre bougre, dans un mois, tu verras, il reviendra. »
« Les métros, bus, trains, TGV, et camions sont des pénis qui pénètrent l’intimité ouverte des routes de la terre, des montagnes et de la mer. Les transports en commun sont un gigantesque parc d’attraction sexuel : il n’y aucun endroit du monde où l’on va et vient autant de fois dans un même endroit et où l‘on échange autant de fluides : sexe, salive, déjections, etc.… Enfin, sauf pour les putes et pour ton sale petit cul d’enfoiré. En plus, il y a des barres pour danser autour! Délice. En gros la RATP et la SNCF sont des lieux obscènes où règnent le sexe et la luxure sans que personne ne s’en offusque. Ah le paradis sur Terre! Si c’est pas de la provocation ça…. »
« Parfois juteux et plein de peps, il m'arrive pourtant de m'adoucir avec un côté sucré. Mais quoi qu'il en soit je garde au fond de moi cette amertume qui fait de moi ce que je suis : un pamplemousse. »